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mardi 30 octobre 2012

Cinq victimes d'un incendie dans Saint-Roch

Les registres de la paroisse Saint-Roch de Québec pour le 18 juillet 1890 font état de l'acte de sépulture suivant :                                         

«S-363-364-365-366-367- Pierre L Maranda epoux - 40 ans Euphrasie Duquet epouse - 42 ans. Armida - 15 ans. Alphonse - 8 ans. Zélia - 5 ans.
 

Le dix-huit juillet mil huit cent quatre vingt dix, nous prêtre soussigné, avons inhumé dans le cimetière Saint Charles le corps de Pierre Louis Maranda , meublier, âgé de quarante ans, de son épouse Euphrasie Duquet, âgée de quarante-dus ans, et de leurs trois enfants Armida âgée de quinze ans, Alphonse, âgé de huit ans, et Zélia âgée de cinq ans, tous cinq victimes dune incendie, le dix-sept de ce mois, dans cette paroisse, comme il appert par le certificat du coroner. Présents Joseph Parent, soussigné, et Siméon Forgues qui n'a su signer.
Lecture faite.
L.O. Guimont ptre».
 

Le texte de l'acte parle de lui-même eu égard au drame de cette famille décimée; sur un autre plan, il s'agit d'un rappel du danger des incendies à une époque où le chauffage au bois était monnaie courante.
 

[Summary :
The church record for the burying of five members of the same family in Québec, Québec.]

dimanche 12 juin 2011

Étouffée et le corps à moitié brulé par le feu

Les registres de la paroisse de Saint-Antoine de Pade de Longueuil pour le 23 juillet 1754 font état de l'acte de sépulture suivant :

«S. de M amable gelineau

Lan de n.s. mil sept cent cinquante et quatre et le vingt trois juillet a eté inhumé dans le cimetiere de cette paroisse le corps de Marie amable gelineau, decedee dhier agée d'environ dix neuf ans épouse de antoine Boutiller laquelle a eté trouvé a la grosse roche dans le chemin de chamblye étouffée et le corps a moitié brulé par le feu; en presence de daniel gelineau et Marguerite patenotre ses pere et mere de charles varri? francois chevrier et de plusieurs autres parens et amis qui ne signent.
j. ysambart p.c. de longueuil
».

L'incendie est une des causes de décès au début de la Colonie; il est facile de s'imaginer le contexte et les drames familiaux générés par une mort survenant à la suite d'atroces brûlures.

Noter la mention du chemin de Chambly, une voie de communication importante à l'époque de la Nouvelle-France.


[Summary :
The church record for the burying of a burned woman in Longueuil, Québec.]

jeudi 18 mars 2010

Une famille décimée dans la paroisse Saint-Roch de Québec

Premier message d'une série de deux.

Le 17 mars 2010, l'historien David Vachon a prononcé une conférence devant les membres de la Société de généalogie de Québec et intitulée Homicides à Québec entre 1880 et 1930.

Dans ses propos, il a fait allusion à une dizaine de cas d'homicides perpétrés dans la ville de Québec durant cette période. Ayant noté la date de ces événements et le nom des victimes, nous avons vérifié dans les registres de l'état civil si la raison de leur décès avait été notée dans leur acte de sépulture et la façon dont elle a été libellée.

Une telle vérification nous semblait intéressante comme les cas d'homicides résultent d'actes de violence. Loin de nous l'idée que les registres de l'état civil constituent une source première à cet égard; par ailleurs, nous pouvons peut-être y trouver là un «regard» autre que celui des acteurs du secteur de la justice ou des journaux.

On se rappellera que la réglementation n'oblige nullement d'inscrire dans le registre de l'état civil la raison d'un décès. Et si cette dernière est indiquée, cette mention relève de la discrétion du curé de même que la façon de le faire.

Nos vérifications ont permis de repérer deux actes de sépulture intéressants à cet égard et qui feront l'objet de commentaires spécifiques dans des messages différents.


Les registres de la paroisse Saint-Roch de Québec pour le 18 juillet 1890 font état de l'acte de sépulture suivant :

«S - 363 - 364 - 365 - 366 - 367- Pierre L Maranda epoux - 40 ans. Euphrasie Duquet epouse - 42 ans. Ormida -15 ans. Alphonse - 8 ans. Zélia - 5 ans.

Le dix-huit juillet mil huit cent quatre vingt dix, nous prêtre soussigné avons inhumé dans le cimetière Saint Charles les corps de Pierre Louis Maranda, meublier, âgé de quarante ans, de son épouse Euphrasie Duquet, âgée de quarante-deux ans, et de leurs trois enfants, Ormida âgée de quinze ans, Alphonse âgé de huit ans, et Zélia âgée de cinq ans tous cinq victimes dune incendie, le dix-sept de ce mois, dans cette paroisse, comme il appert par le certificat du coroner. Présents : Joseph Parent, soussigné, et Siméon Forgues qui n'a su signer. Lecture faite.
Jos. Parent L. D. Guimont ptre
».


Faire mention de ces cinq sépultures dans un acte unique s'explique vraisemblablement par le fait qu'il s'agit là des membres d'une même famille et qu'une notion de drame humain y est associée.

Noter que le rédacteur précise qu'ils sont morts à la suite d'un incendie mais sans qualifier ce dernier de criminel; par ailleurs, cette dernière information n'était peut être pas connue du coroner au moment de la rédaction de son certificat.


[Summary :
The church record for the burying of five members of a same family in Québec, Québec.]

mardi 3 mars 2009

Une des victimes de l’incendie du théâtre St-Louis à Québec en 1846

Les registres de la paroisse St-Roch de Québec pour le 14 juin 1846 font état de l’acte de sépulture suivant :

«S. 337 Joseph Marcoux brulé dans l’incendie du théatre 13 juin 1846

Le quatorze juin mil huit cent quarante six, nous pretre soussigné avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Joseph Marcoux, huissier, brulé la veille dans l’incendie du théatre, époux de Félicité Bélanger de cette paroisse Il était agé de trente neuf ans. Présens Joseph Fortin et Louis Germain qui n’ont su signer.
M. Beaulieu ptre
».
La date de l’incendie est erronée, ce dernier ayant eu lieu le 12 juin 1846. Dans ce cas-ci, la méprise origine peut-être du fait que ce huissier est possiblement décédé de ses blessures la veille de son inhumation.

Noter que la mention de cette catastrophe diffère dans deux autres registres. Dans la paroisse Notre-Dame de Québec, on fait état dans quinze actes de sépulture de «…brulé dans l’incendie du douze courant…» ; par ailleurs dans quatorze actes de sépultures dans le registre de la cathédrale anglicane Holy Trinity de Québec, la formulation utilisée est la suivante : «…died on the twelthf (in the theatre of St Lewis by fire)…»


[Summary :

The church record for the burying of a man died in the fire of a theatre in Québec City.]

dimanche 11 janvier 2009

L’inhumation des débris d’un corps consumé

Les registres de la paroisse Notre-Dame de Montréal pour le 18 mai 1765 font état de l’acte de sépulture suivant :

«S. mde Labrosse

Le dix huit mai dix huit soixante et cinq par moy ont été portés dans le cimetière de cette paroisse les debris d’un corps consumé dans lincendie arrivé ce même jour en cette ville qu’on dit etre celui de femme de Charles Jourdain dit Labrosse agée d’environ
témoins etienne geoffroy bedeau soussigné
egeofroi Jollivet ptre
».
Noter le libellé particulier de cet acte et la prudence avec laquelle le prêtre officiant décrit la personne défunte.


[Summary :

The church record of the burying of the corpse of a woman burnt to death in Montréal, Québec.]

vendredi 21 novembre 2008

Une tragédie donne naissance à une complainte à St-Narcisse

Les registres de la paroisse de St-Narcisse pour le 26 mars 1868 font notamment état de l’acte de sépulture suivant :


«S. 8 Célina Cossette

Le vingt-six Mars mil huit cent soixante et huit, nous, curé soussigné, avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le cors de Célina Cossette, épouse de Alexandre Parent, cultivateur, décédée le vingt-quatre de ce mois en cette paroisse à l’âge de vingt cinq ans. Présents : Georges Gingras et Basilique Gingras qui ont déclaré ne savoir signer. Ce décès ainsi que celui des trois enfants dont les actes de sépulture se trouvent ci-après, a été causé par une incendie arrivée à l’habitation de cette famille, le vingt trois de ce mois.
Y. Lottinville ptre
».

Tel q’indiqué par le curé, les trois actes suivants font référence à la sépulture des enfants : Théodore Parent décédé le 23 mars âgé d’environ 1 an; Éloïse Parent décédée le 25 mars âgée d’environ 2 ans; Marie Parent décédée le 25 mars âgée d’environ 5 ans.

Cette tragédie a donné lieu à une complainte dont le texte est le suivant :

La complainte de la femme brûlée

Écoutez, je vais vous chanter
Une complainte qui est bien triste
D'une pauvre femme qui a brûlé,
Elle est morte dans tous les supplices.
Elle est bien morte assurément
Elle et ses trois petits enfants.

C'est un lundi après-midi,
Que tout le monde est à l'ouvrage,
Elle s'écria, de tous côtés,
Personne ne vient à son courage,
Elle s'écria: Hélas, mon Dieu.
Il faut donc mourir par le feu.

Faut aller chercher le curé.
Le curé de notre paroisse,
Pour en seul fin d'la confesser,
Pour l'acquitter de son devoir-è
Bien promptement, l'a confessé,
Pour la seule fin de l'administrer.

[...] (incomplet)
[...]
La pauvre femme
Elle est morte dans tous les tourments.

Qu'en a composé la complainte
C'est une vieille du canton.
Étant d'une grande compassion
De voir une chose si terrible
Elle a pas pu s'en empêcher
Une complainte a composée.

Source : E.-Z. Massicotte, Bulletin des recherches historiques, vol. 28, 1921, p. 181-183. Massicotte rapporte une autre version de la chanson dans ces mêmes pages. Elle diffère très peu de celle-ci.

Pour écouter l’enregistrement de cette complainte : Archives de folklore de l’Université Laval, collection MN nos 3134 et 3139. Ces deux versions proviennent de la Collection du Musée national de l'Homme à Ottawa [maintenant le Musée des civilisations] et ont été enregistrées il y a très longtemps avec comme résultat une qualité sonore très mauvaise.

Commentaires :

- à l’évidence, cette tragédie à touché et avec raison la population de St-Narcisse;
- le seul fait que le curé ait rédigé une note dans l’acte de sépulture de la mère et expliquant les circonstances de ces quatre décès en succession en témoigne;
- noter que ces quatre décès ne sont pas survenus le même jour; l’incendie a eu lieu le 23 mars et a causé la morts du fils; sa mère est décédée le lendemain, et deux filles le surlendemain; on peut s’imaginer les souffrances endurées par les victimes, ce qui explique la référence dans le texte de la complainte;
- la complainte est une chanson formée de nombreux couplets et dont le sujet est le plus souvent sombre voire tragique; elle met en scène les épreuves d’un personnage dont l’adversité et l’infortune tournent au drame.
Nos remerciements à Guy Parent pour avoir porté ces informations à notre attention; Célina Cossette est la première épouse de son arrière-grand-père.


[Summary :

The death of a mother and his three children in St-Narcisse, Québec give birth to a lament.]

jeudi 20 novembre 2008

Étouffée et à moitié brûlée par le feu

Les registres de la paroisse St-Antoine de Pade de Longueuil pour le 23 juillet 1754 font état de l’acte de sépulture suivant :

«S 25 de M amable gélineau

L’an de n.s. mil sept cent cinquante et quatre et le vingt trois juillet a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Marie amable gelineau, decedee d’hyer agée d’environ dix neuf ans epouse de antoine Bouthiller Laquelle a été trouvé à la grosse roche dans le chemin de chamblye étouffée et le corps a moitié brulé par le feu. en presence de daniel gelineau et Marguerite patenaude ses pere et mere de charles ? Francois ? et de plusieurs autres parens et amis qui ne signent

J. isambetrt p.c. de longueuil».


De tout temps, le feu a été un danger constant pour la population avec parfois des conséquences atroces pour les victimes. Noter l’âge de cette jeune épouse.


[Summary :

The church record for a young lady burnt to death in Longueuil, Québec.]

lundi 1 septembre 2008

Trois sœurs périssent dans l’incendie de 1866

Les registres de la paroisse St-Roch de Québec pour le 15 octobre 1866 font notamment état de l’acte de sépulture suivant :

«S 684 Scolastique Vadeboncoeur

Le quinze octobre mil huit cent soixante six, nous prêtre soussigné, avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse, le corps de Scolastique Vadeboncoeur, veuve de Jean Baptiste Bezeau, Charretier, décédée dans l’Incendie du quatorze courant, comme il appert par le verdict du coroner, en date du quinze du même mois, à l’âge de soixante ans, de cette paroisse. Présents Jacques Deslauriers et Pierre Descarreaux qui n’ont su signer.
C Catellier ptre
».
Dans ce même registre et pour la même date, quatre autres actes de sépulture sont liés à cet incendie :

- Marguerite Ménard, 45 ans, épouse de Jean-Baptiste Bezeau, journalier;
- Angélique Vadeboncoeur, 36 ans, veuve d’Étienne Mercier, journalier;
- Élizabeth Vadeboncoeur,40 ans, veuve d’Antoine Deslauriers, journalier;
- Joseph Bigaouette, 17 ans et 4 mois, fils de Joseph et de Marie Elmire Duberger.
Cet incendie a fait l’objet d’un article paru le 17 octobre 1866 dans le journal The New York Times dans lequel il est fait mention que trois sœurs y sont décédées. Fait à noter, ces trois sœurs sont veuves.


[Summary :

The church record for the burying of a woman died in the the Québec fire on October 1866.]