Affichage des articles dont le libellé est généalogie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est généalogie. Afficher tous les articles

vendredi 18 novembre 2022

S’assurer de ne pas en oublier


La Semaine nationale de la généalogie se tiendra du 19 au 26 novembre 2022 sous le thème De mère en fille, la généalogie au féminin. Diverses activités[1] sont prévues pour illustrer de différentes façons le thème retenu.


Ce qui étonne à la lecture des informations publicisées jusqu’ici est l’accent mis sur la confection d’un titre d’ascendance directe par les femmes. Plusieurs font remarquer avec raison que, traditionnellement, les titres d’ascendance directe ont été confectionnés par les hommes.


Au Québec, la qualité de l’information dans les actes de mariage des registres de l’état civil, et notamment dans les registres catholiques, permet de dresser facilement des titres d’ascendance directe par les femmes. La distinction fondamentale tient alors au fait que le nom de famille change à chaque génération.


Par ailleurs, peu de gens font état qu’un titre d’ascendance directe présente deux lacunes majeures : à chaque génération, l’information fournie sur chacune des personnes mentionnées est très sommaire et que cette information ne s’applique qu’aux seules personnes qui se marient. De fait, un tel titre d’ascendance ne fait état habituellement que du prénom et du nom de famille des époux de même que du lieu et de la date de leur mariage.


Les filles non mariées ne sont pas alors prises en compte ; il en est de même des garçons non mariés. La seule façon de faire état de ces filles et des informations qui les concernent est de constituer des fiches de famille. À l’évidence, cette façon de faire requiert davantage de temps mais elle permet de mieux connaître toutes les personnes mentionnées dont les filles, et de les placer dans leur contexte familial.


Un tel exercice présente l’avantage d’éviter d’ignorer ou de discriminer certaines personnes, dont les filles qui ne se marient pas. En prime, de telles fiches de famille renferment une information davantage complète et permettent d’en faire une exploitation beaucoup plus riche. Au net, quelle raison justifie de ne pas en constituer comme les femmes notamment y gagneront au change et que personne ne vous blâmera de leur fournir trop d’informations.



[Summary :

Some personnel comments pertaining to the informations on women in genealogical charts.]


[1] Consulter à cet effet le site de la FQSG.

mardi 31 mai 2022

La genèse d’une activité de formation

 

Depuis la fin mars 2020, la pandémie Covid-19 a bouleversé la vie de plusieurs personnes ct ce à différents titres. Ci-après les détails d’une expérience personnelle.


1  Dès les premières semaines, un constat est fait que les notices nécrologiques parues notamment sur le site Le Soleil présentent des aspects nouveaux et différents : leur nombre baisse, les informations relatives aux modalités de la sépulture sont rares  ou absentes, diverses contraintes sont prévues pour les funérailles par la santé publique… En résulte la confection de plus de 35 diapositives qui permettent notamment de mettre à jour une présentation Powerpoint sur Les notices nécrologiques et la recherche.


2  Au cours de ces mêmes semaines, diverses notes sont consignées sur les effets pour un chercheur en généalogie d’œuvrer dans un tel contexte ; sont notamment soulignés divers aspects dont l’absence d’accès aux locaux d’une société de généalogie de même qu’à ceux de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), la rareté des contacts avec d’autres chercheurs….


3  La réflexion déborde alors sur les effets des autres épidémies qui ont été présentes dans l’histoire du Québec ; pensons au choléra de 1832, à la petite vérole au 19e siècle, à la grippe espagnole au début du 20e siècle… Ces épidémies antérieures ont laissé des traces dans divers registres de l’état civil : les variations du nombre d’actes, l’identification très souvent sommaire des personnes concernées, la rédaction de nombreux actes communs, le recours au concept d’individus en 1832, des commentaires de curés sur des occurrences locales…


4  Et les effets sur certaines familles[1] et communautés paroissiales ont été nombreux et divers et certaines ont été marquées à jamais. Plusieurs histoires de familles en témoignent.


5  Au fil des mois, une présentation Powerpoint intitulée La recherche en généalogie au temps des épidémies a vu le jour ; une façon d’illustrer les effets des épidémies sur les registres de l’état civil et la vie des gens. Dans son état actuel, plus de 150 diapositives ont été assemblées et un document qui comprendra plus d’une quinzaine de pages l’accompagne. Quelques heures devront y être encore consacrées pour en peaufiner leur facture finale.


Comme quoi la Covid-19 a pu avoir généré ici et là quelques effets bénéfiques.



[Summary :

Some personnal comments pertaining to the making of a Powerpoint presentation on the effects of epidemics on Québec’s church records.]



[1] Les billets publiés les 27 et 28 avril 2022 sur ce blogue constituent des exemples éloquents.

dimanche 6 décembre 2020

Le site Les oubliés de la généalogie - Clergénéalogie


Quelques éléments de contexte

-       Ce projet a pour objectif de répertorier les personnes  qui ont rejoint des ordres religieux, d’identifier leurs parents et de préciser la date de leur mariage ;

-       il faut souligner la valeur ajoutée aux informations et qui est de nature généalogique, une rareté dans les outils disponibles au Québec pour la recherche ; 

-       il a été lancé le 29 mai 2019 dans le cadre du 30e anniversaire de la Société de généalogie Saint-Hubert ;

-       l’hébergement sur le site Internet de cette dernière, ne favorise guère une publicité adéquate pour ces informations.


Quelques grands traits du site

-       La portée temporelle du site couvre du début de la Nouvelle-France à maintenant alors que la portée territoriale englobe l’Amérique du Nord francophone (Québec, Acadie, Nouvelle-Angleterre, Louisiane, etc…) ;

-       la recherche est possible par le nom de la personne, le nom en religion, le sexe notamment mais, de façon étonnante,  pas par le nom de la communauté religieuse, une donnée importante sinon fondamentale pour la plupart des personnes concernées ;

-       l’organisation du site et plusieurs rubriques sont particulières et leur pertinence n’est pas évidente : à titre d’exemple qu’en est-il d’une «carte de chaleur» au demeurant mal nommée comme d’autres rubriques telles celle sur Les plus recherchés où les interrogations portent sur des personnes inscrites dans la base de données ?

 

Commentaires et interrogations

-       Ce site est mal titré : la première partie du titre Les oubliés de la généalogie fait surtout référence à la difficulté de trouver certaines informations les concernant ; il est vrai que l’information sur ces personnes est fragmentaire, disparate et dispersée mais ces caractéristiques n’en font pas pour autant des «oubliés» ; dans la seconde partie du titre, le recours au terme clerc [utilisé cler dans le titre ] le recours à l’expression Clergénéalogie est inexact en français ;

-       une courte évocation des diverses problématiques particulières et souvent spécifiques rencontrées lors de recherches relatives à des personnes entrées en religion aurait placée ces dernières dans une plus juste perspective ;

-       ce site est mal documenté ; toutes les sources ne sont pas toutes mentionnées ; le nom des responsables non plus ; le nombre d’informations sur les personnes est inégal ; dans le cas de Généalogie Québec, il aurait été pertinent de faire remarquer que l’on y retrouve surtout la copie civile des registres de l’état civil alors que la copie religieuse s’impose d’emblée dans une telle recherche ; enfin, une liste des sources imprimées ou en ligne disponibles serait utile ;

-       une interrogation lancinante : un chercheur fouille dans quoi au juste ?  Il y aurait lieu de préciser et de clarifier ce qui est inclus [le clergé régulier, séculier…] de ce qui ne l’est pas [les novices, les postulants, les diacres et sous diacres, les membres du Tiers Ordre,…?]. Entre autres, les personnes autres que catholiques [les anciens «protestants»] sont-elles couvertes ? ;

-    plusieurs termes et notions utilisés sont imprécis dont le nombre de personnes [les parents sont inclus !], le nombre de sources, la notion de famille,… ;

-       la fiabilité des informations est variable : plusieurs sont extraites des actes de l’état civil ; d’autres proviennent d’autres sources dont des notices nécrologiques ou des pierres tombales ;

-       la mise à jour des informations n’est pas précisée ; elle est effectué par qui, à quelle fréquence et selon quelles modalités ? ;

  -       il faut déplorer la présence de nombreux irritants : ici et là des fautes de frappe [«bresbytérienne»] ; le site est gratuit mais une inscription est requise pour y accéder ; un site (trop) lent, ce qui est de mauvaise augure compte tenu du très grand nombre d’informations qui pourraient y être ultimement consignées ; le recours au terme individus à la place de celui de personnes….

 

Au net :

-       Une bonne idée qui concerne des personnes peu nombreuses mais dont la contribution a été et est encore importante dans l’histoire du Québec ;

-       il y a lieu de souligner l’optique généalogique de la démarche ;

-       par ailleurs, présenter ce site «…comme un atout majeur pour la recherche…» est pour le moins présomptueux et surtout prématuré ; dans son état actuel, de nombreux ajustements et corrections seraient nécessaires.

Nos remerciements à François Chassé pour avoir porté ce site à notre attention.

 

 

[Summary :      
Some personnal comments pertaining to a genealogy website in Québec.]

mardi 14 janvier 2014

Le Sommet sur les Archives au Canada

Le vendredi 17 janvier 2014, un Sommet sur les Archives au Canada se tiendra à Toronto. Les textes des conférences sont disponibles en ligne sur ce lien.

Les documents produits ne traitent pas de la problématique spécifique des registres de l'état civil, un aspect important pour un chercheur en généalogie et mais quelque peu marginal pour les archivistes pour qui ces documents ne constituent qu'une infime partie de leur univers.

Quelques commentaires relatifs aux registres de l'état civil du Québec :
- en généalogie, l'importance des archives tient pour l'essentiel aux registres de l'état civil; en histoire de famille et en histoire locale par contre, plusieurs types d'archives peuvent être mises à contribution
- de plus, en généalogie, la précision et la fiabilité de l'information sont intimement liées au fait d'avoir accès aux registres de l'état civil, documents qui ont une valeur juridique. Cette situation ne se présente pas avec la même acuité pour l'histoire de famille et l'histoire locale
- il y a là deux univers d'archives qui présentent des problématiques et des défis différents. Pour le chercheur en généalogie, traiter des archives dans un Sommet doit prendre en compte cette réalité
- les images en ligne des registres de l'état civil du Québec sont dispersées en plusieurs endroits : le site Ancestry.ca, le site FamilySearch.org des Mormons et le Portail de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)
- en l'absence d'un état des lieux des registres, il est difficile de se faire une idée d'ensemble de la situation
- ces registres sont caractérisés notamment par leur accessibilité variable : la copie civile est disponible de 1621 jusque vers 1940 [estimation de 12 456 281 actes soit environ 48,7 % du total des actes produits à 25 567 308 à la fin de 2013]; quant à la copie religieuse, les 4 215 000 actes catholiques jusqu'en 1876 ne représentent qu'environ 16,8 % de ce même total]; et cette accessibilité diminue d'année en année sans compter le fait que certaines des images sont manquantes ou illisibles
- des efforts devraient être faits pour que l'église catholique permette notamment l'accès à la copie religieuse des registres entre 1877 et 1913; la richesse des actes de cette copie permettrait une meilleure compréhension de cette période de 36 ans qui couvre une période importante de l'histoire du Québec
- l'indexation des registres est également à géométrie variable de même que leur qualité
- pour un archiviste, rendre l'information des registres accessible en ligne ne constitue pas la fin de l'aventure, une mise en l'état de l'information s'impose :
- il y a lieu de standardiser leur appellation : sur ce plan, certaines paroisses dans la Collection Drouin, sur le site des Mormons et sur le Portail de BAnQ diffèrent !; d'autres sont pour le moins curieuses : «Registres relatifs à l'enregistrement obligatoire des enfants non baptisés» (Trois Rivières) sur le Portail de BAnQ !; dans ce dernier cas, il faut de la perspicacité et/ou de la chance pour les trouver
- sur le Portail de BAnQ, les paroisses ne sont pas regroupées par agglomération; vous imaginez facilement le défi de retracer un acte rédigé dans une paroisse de Sherbrooke ! À l'évidence, la situation est pire à Québec et à Montréal; cette déficience devrait être corrigée pour faciliter la recherche
- peu de gens sont au courant que le Directeur de l'état civil (DEC) ne dépose pas auprès de BAnQ toute l'information relative aux registres de l'état civil du Québec; pour les années 1900, des annotations marginales inscrites dans la seule copie numérisée ne sont pas accessibles. Devant cette situation, il n'est pas trop tôt pour s'interroger sur la capacité de BAnQ de pouvoir gérer en 2094 (soit après 100 ans) le dépôt de la copie numérisée des registres par le DEC ? et d'en assurer l'accessibilité ?
- dans le contexte actuel (et futur prévisible) de ressources limitées, il est étonnant que BAnQ ne fasse pas appel à la collaboration avec des sociétés de généalogie du Québec; ces dernières disposent d'un important bassin de membres intéressés et expérimentés sans compter leur grande connaissance de leur milieu. Quant à Bibliothèque et Archives Canada (BAC), une telle collaboration pourrait être envisagée pour certaines archives, dont l'indexation des recensements. 

Pour finir et dans le cas des archives en général, il doit être fait état des problèmes générés par le recours à l'échantillonnage statistique, une malédiction pour un chercheur qui comme en généalogie fait des recherches nominatives comme en généalogie. 


[Summary :
Some personnal remarks about the Canadian Archives Summit.]

mardi 1 décembre 2009

Un développement récent à noter

Dans un message intitulé Le chercheur nomade - The Nomadic Researcher: SOS Généalogie La Généalogie près de vous et publié le 28 octobre 2008, nous avions commenté un service d'aide en ligne pour les chercheurs français.

Nous apprenons par GénéInfos [http://geneinfos.typepad.fr/geneinfos/2009/11/sos-genealogie-ferme-sa-ligne-audiotel.html] que SOS Généalogie a mis un terme à sa ligne audiotel le 30 novembre 2009. Dans un commentaire, un des initiateurs de ce service, Stéphane Cosson, fait part qu'il travaille à repenser ce concept.

Il y a là matière à réflexion.

Dans le contexte actuel d'une présence de plus en plus nombreuse de banques de données et d'informations en ligne gratuites ou non, le besoin de balises et de repère s'accroît au même rythme pour le chercheur même chevronné.

Pour les sociétés de généalogie, il y a là un rappel que ce créneau reste à être développé puisque le privé ne semble guère intéressé à l'occuper. Convenons par ailleurs qu'il s'agit là d'un chantier difficile mais qui trouvera preneur auprès de leurs membres particulièrement s'il est gratuit. D'ailleurs, cela ne fait-il pas partie de leur mission propre?


[Summary :

An update on a special and customised help service for genealogy researchers in France.]

dimanche 21 juin 2009

Elle a quitté sans mot dire

Ce 21 juin 2009, la présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Mme Lise Bissonnette, quitte ses fonctions.

Plusieurs ont souligné avec raison la qualité de sa contribution dans le dossier de la Grande Bibliothèque. Par ailleurs et dans le cadre de ses fonctions, elle a eu à gérer et à mettre en œuvre la décision gouvernementale de réunir la Bibliothèque nationale et les Archives nationales du Québec. Force est de constater qu’elle a dû «faire avec».

Le 24 avril 2007, le premier message publié sur ce blogue portait sur «Le silence de BAnQ». Rédigé plus d’un an après la sanction de sa loi constitutive, nous formulions alors des interrogations sur «…la vision [de BAnQ] en ce qui concerne la généalogie et l’histoire de famille, et l’approche qu’elle privilégie pour ce créneau de son mandat».

Plus de deux ans plus tard, ces interrogations sont toujours actuelles et aucun élément de réponse n’a été fourni.

Il est à espérer que l’arrivée d’un nouveau président-directeur général permettra de mettre fin à ce silence.


[Summary :

On the vision, the priorities and the ressources of BAnQ.]

lundi 8 juin 2009

Un guide décevant, incomplet et peu pratique

Le volume suivant vient de paraître :


Marcel Fournier.
Retracez vos ancêtres. Guide pratique de généalogie.
Montréal, Les Éditons de l’Homme, mai 2009, 322 p.

Dans la préface (p.9), le président de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie du Québec (FQSG), Denis Racine, affirme que ce guide «…explore tous les coins et recoins de cette science merveilleuse qu’est la généalogie.». Pour sa part, l’auteur dans l’Introduction (p. 14) mentionne que «La prolifération des nouvelles ressources en généalogie nécessitait la publication d’un nouveau guide plus précis, plus complet et orienté davantage vers les ressources disponibles dans Internet.». Enfin, il est annoncé en quatrième de couverture que «Le lecteur trouvera dans ce guide une approche pragmatique permettant de réaliser la généalogie de sa famille.».

Voyons ce qui en est.

La lecture de ce volume génère un malaise alimenté par divers aspects; nos commentaires sont regroupés en fonction des éléments du titre de ce message

un guide décevant

- la définition de la généalogie donnée dans le volume (p. 17) et la nécessaire distinction avec l’histoire de famille n’est pas établie correctement (p. 29). De même, ces concepts ne sont pas campés dans un juste contexte au regard de l’histoire locale, le troisième volet de la quête identitaire au Québec
- un des choix fait par l’auteur est de traiter en parallèle dans le guide la situation en France et celle du Québec [nous oublions ici les autres comparaisons avec l’Acadie et surtout les États-Unis qui est particulièrement faible]. Comme la recherche dans ces deux pays se fait dans des univers fondamentalement différents, un tel choix nous paraît mal avisé; en conséquence, le texte souffre d’un déséquilibre dans certains chapitres
- le traitement tout à fait quelconque réservé aux registres de l’état civil du Québec et qui ne fait pas suffisamment ressortir la diversité et la richesse de leur contenu est à déplorer vivement; de même, des précisions auraient pu être fournies entre autres choses sur leur accessibilité et leur indexation à géométrie variable
- un aspect étonnant réside dans le traitement égal réservé à des éléments qui ne le sont visiblement pas. À titre d’exemple, dans le chapitre 19 portant sur Les bases de données dans Internet, les bases sont classées par leur appellation et décrites dans un texte de longueur sensiblement égale; le lecteur est ainsi incité à croire que leur pertinence, leur fiabilité et leur portée s’équivalent, ce qui est loin d’être le cas. En cette matière, le lecteur en est réduit à se faire lui-même une idée
- des chapitres auraient pu être supprimés ou mieux faire simplement l’objet de quelques paragraphes; c’est le cas avec les chapitres sur Les nobles et la noblesse (23), L’héraldique (24) et Le tourisme généalogique (28)
- l’essentiel du contenu étant axé sur la recherche d’ancêtres en France, la diversité des origines des ancêtres du Québec s’en trouve en conséquence masquée; pourtant, cette diversité date de la Nouvelle-France et n’a fait que s’accentuer par la suite
- le niveau de langage est approprié pour un ouvrage s’adressant à un grand public
- au plan graphique, la mise en page est mal servie par un choix de couleurs ternes


un guide incomplet


- curieusement, des sources importantes ne sont pas citées dont certaines gratuites et sur Internet [exemple : le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges]; pour d’autres, seule la version sur cédérom est mentionnée alors que la version en ligne est plus complète et davantage à jour [exemple : le Repos Saint-François d’Assise]
- des aspects et des problématiques sont ignorés : les unions de fait, les indiens, le difficile passage entre le système cadastral et le système seigneurial pour la localisation des terres, les modifications de prénom…
- d’autres aspects ou problématiques ne sont qu’effleurés ou mal traités : l’enquête généalogique, l’éthique [qui déborde de beaucoup le contenu du code de déontologie de la FQSG], les noms de famille, Internet et la généalogie, la génétique des populations…
- aux principales interrogations des néophytes en généalogie : quelle est la meilleure source? le meilleur logiciel? le meilleur site?..., ce guide apporte peu ou pas d’éléments de réponse utiles
- une façon de faire étonnante : ne pas indiquer la maison d’édition et le nombre de pages de plusieurs des ouvrages imprimés cités

un guide peu pratique


- comme le sous titre annonce un guide «pratique», le lecteur est surpris de ne pas y trouver davantage de liens, de trucs et de conseils de recherche, de façons de faire, de pistes à suivre, d’exemples concrets… surtout que les références fournies sont très et trop peu nombreuses. À cet effet, d’autres références à des articles ou des sites traitant de plusieurs aspects particuliers auraient été de mise et appréciées
- nulle part il n’est fait mention que certaines sources doivent être exploitées en tandem et que, pour d’autres, des façons différentes de les exploiter peuvent être mises à profit
- plusieurs paragraphes auraient été mieux servis s’ils avaient été présentés sous la forme de listes pointées ou de tableaux [à l’exemple de l’excellent tableau de Guy
Desjardins et d’Hélène Lamarche en page 92 auquel le texte ne fait incidemment pas référence]
- ici et là, des aspects sont traités de façon beaucoup trop «livresque» ou avec une approche élitiste [les nobles et la noblesse], dans ce dernier cas, il s’agit d’une
avenue peu adaptée à la réalité du Québec.

En guise de conclusion, force est de constater que tous les recoins n’ont pas été explorés et qu’on a parfois tourné rond certains coins. Dommage d’avoir raté une telle occasion.

samedi 13 septembre 2008

Les épitaphes sur les monuments funéraires

Les épitaphes que l’on retrouve sur les monuments funéraires constituent une des sources qui peuvent être exploitées en généalogie et en histoire de famille.

Les informations que l’on peut trouver sur un monument peuvent comprendre :

- la graphie d’un patronyme
- le prénom usuel
- la date de décès
- la date de naissance [il est utile de vérifier, en particulier pour les plus anciennes]
- le nom du conjoint
- le nom de fille d’une épouse
- le nom de parents et leur lien de parenté
- les traits d’un visage
- le service dans des forces armées
- l’occupation ou la profession
- l’appartenance à des associations
- des symboles liées à la personne
- de la poésie plus ou moins réussie.
Commentaires :

- il s’agit d’une source incomplète : toutes les personnes inhumées ne sont pas mentionnées sur un monument
- l’information sur une personne varie d’un monument à l’autre et peut être fort sommaire
- le temps a endommagé des monuments : des inscriptions sont peut-être illisibles ou ont disparu
- une source gratuite, facilement accessible et d’une exploitation aisée
- une source parfois unique qui pallie l’absence de registre d’un cimetière
- l’information origine des proches de la personne défunte
- la mention du nom d’une personne sur un monument ne signifie pas nécessairement qu’elle est décédée dans ce lieu; la translation de corps est possible
- coupler cette information avec celle de d’autres sources [registre de l’état civil; notice nécrologique; liste de décès; registre de cimetière; répertoire de maison funéraire…] permet notamment de la vérifier et de qualifier sa fiabilité.
[Summary :

Tombtones : an important but neglected source of information.]

lundi 8 septembre 2008

La difficile reconnaissance du travail des bénévoles

Depuis toujours, le bénévolat est présent en généalogie et en histoire de famille. De fait, on peut avancer que, sans luit, la plupart des sociétés ne pourraient survivre.

Curieusement, autant la contribution de ces bénévoles est importante sinon indispensable, autant sa reconnaissance est malaisée et difficile. Dans certaines productions, leur apport n’est mentionné que de façon générale et leur nom n’est pas fourni.

À titre d’exemple, le site Family Search Record Search, un des plus importants pour la recherche en généalogie en Amérique du Nord, héberge un grand nombre de bases de données dont l’indexation a été faite par des bénévoles [volunteers]. Ce site comprend bien une rubrique spécifique pour les «volunteers» où un chercheur peut faire part de sa disponibilité ou y trouver des indications utiles pour effectuer son travail d’indexation. Par ailleurs, une fois une base de données indexée, aucune mention n’est faite du nom de ces collaborateurs anonymes.

Pourtant, une telle reconnaissance est possible et le Portail de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en fournit un bel exemple. Ainsi, dans la section généalogie, la rubrique Des instruments de recherche en ligne comporte pour chacun de ces instruments, un texte de présentation où il est notamment fait mention du nom des chercheurs qui y ont collaboré; leur photo est parfois fournie et certains d’entres eux ont même participé à la rédaction de ce texte.

Bref, une façon de faire tout à fait correcte et qui rend justice au travail de ces bénévoles. D’autres organisations de l’univers de la généalogie devraient s’en inspirer.


[Summary :

Some thoughts on difficult recognition of the contribution of volunteers in genealogy.]

jeudi 28 août 2008

Une belle occasion pour une réflexion en profondeur

Hier soir lors de la tenue de l’assemblée générale annuelle de la Société de généalogie de Québec (SGQ), il a notamment été fait mention d’une baisse des effectifs de 133 membres, soit près de 8 %.

Il y a lieu de mettre à la fois cette information en perspective et d’en établir la portée réelle pour la Société.

Tout d’abord, cette baisse a vraisemblablement été accentuée par le fait que, en en raison de la tenue du Congrès de juin 2008, aucune opération de rappel téléphonique n’a été effectuée auprès des membres de l’an dernier qui n’ont pas renouvelé leur carte de membre. Cette décision coûte cher, car il y a fort à parier que certains membres ont alors été perdus pour plusieurs années.

Cette baisse s’inscrit également dans un mouvement d’ensemble qui a affecté la plupart des sociétés de généalogie au Québec, ce depuis les dernières années. Sur ce plan, il n’y a pas lieu de se montrer surpris.

La portée de cette baisse de l’effectif est lourde de sens. Pour la SGQ, il s’agit là entre autres choses d’une baisse de revenus qui pourra se traduire par une baisse de fréquentation de son local. Plus encore, il s’agit possiblement d’une occasion manquée de renouvellement, les membres dernièrement admis étant plus jeunes et pouvant apporter un dynamisme nouveau, de nouvelles interrogations et des manières de faire différentes.

La véritable portée de cette situation est de créer un effet salutaire : elle force une société de s’interroger sur sa raison d’être et la manière dont elle s’acquitte de son mandat. Le contexte actuel de la généalogie aux prises avec les développements constants de l’informatique et de l’Internet rendent cette exercice encore plus actuel.

Fondamentalement, une société est un regroupement de chercheurs qui, ensemble et dans un contexte d’entraide, se donnent des moyens et des ressources pour faire de la recherche. Deux éléments sont à la fois clés et propres à une société : l’information et la formation. De notre point de vue et un peu curieusement, l’univers et le contexte actuels de la généalogie au Québec font en sorte que ces deux éléments sont à la fois encore plus importants qu’auparavant.

Nous ne traiterons pas ici de l’offre de formation qui est nettement sous développée par rapport aux besoins des chercheurs.

Attardons nous sur le cas de l’information en généalogie au Québec qui circule peu, pas ou mal et ce dans un contexte où un chercheur en ligne est submergé d’informations.

L’information peut être véhiculée de différentes façons :

- l’information brute (tel source existe…)

- l’information décrite (son organisation générale, ses
caractéristiques…)
- l’information commentée (ses forces, ses faiblesses, sa pertinence, sa fiabilité, la possibilité de la croiser avec d’autres…).

Lors d’échanges avec d’autres chercheurs, je cite souvent le cas de l’instrument de recherche Voici ma famille, un moteur de recherche fédérée mis en ligne en octobre 2007 par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) [voir les messages publiés les 18 octobre et 31 décembre 2007]. Je suis toujours sidéré de constater que, dix mois plus tard, un membre de la SGQ n’a pas encore été informé pas sa société de l’existence de cet instrument de travail particulièrement utile pour les histoires de famille. D’autres exemples analogues pourraient être cités dans le même sens.

Une société de généalogie se doit d’être un courtier de l’information; elles doit en transmettre à ses membres, en relayer d’autres, commenter celle disponible, en évaluer la pertinence pour la recherche, suggérer une exploitation efficace... En d’autres mots, elle se doit notamment de répondre aux besoins de ses membres pour des repères et des balises, et elle est seule capable d’y répondre d’une manière adaptée. De fait, il s’agit là d’un créneau de développement qui lui est propre.

Bref, le contexte actuel force un recentrage des sociétés de généalogie sur leur mandat. C’est là une excellente chose et pourra permettre d’éviter à certaines d’entres elles des dérives inutiles comme de se lancer dans l’héraldique.


[Summary :

Some thoughs on the decline of the membership of genealogical societies in Québec.]

vendredi 27 juin 2008

Un lien utile pour les archives gouvernementales américaines

La recherche aux États-Unis exige notamment de vérifier la disponibilité d’une information généalogique au niveau de chacun des états, une opération qui peut s’avérer fort longue et fastidieuse.

Une page spécialisée du portail Internet du gouvernement américain constitue un instrument particulièrement utile à cet égard. S’y trouvent les liens vers chacun des sites Internet des états qui touchent à la généalogie. Un lien à inscrire parmi ses signets pour tout chercheur qui s’intéresse aux États-Unis.


[Summary :

The webpage for the at each of the 50 United States' official government websites pertaining to genealogical and historical resources.]

dimanche 22 juin 2008

La rencontre de deux mondes : quête ou conquête?

Du 23 au 27 juin 2008, le XXVIIIe Congrès international des sciences généalogique et héraldique se tiendra au Centre des congrès de Québec sous le thème mentionné en titre.

La consultation du site de ce Congrès permet de prendre connaissance du programme et des diverses modalités retenues pour cet événement. La Fédération québécoise des sociétés de généalogie (FQSG) est l’hôte du Congrès alors que la Société de généalogie de Québec (SGQ) en assure la maîtrise d’œuvre.

Commentaires :

- à la lecture de la documentation relative à ce Congrès se dégage une forte impression d’un congrès à caractère européen, un peu trop peut-être;
- la cohabitation de l’héraldique et de la généalogie n’est sûrement pas étrangère à cette situation;
- un autre élément tient à ce que le contenu du congrès ne semble pas être assez intégré au contexte nord américain, une situation quelque peu étonnante compte tenu de l’impact structurant sur la généalogie québécoise;
- il faudra attendre de connaître notamment la composition des inscriptions pour vérifier certains de ces aspects;
- à première vue, peu de conférences traiteront du thème comme tel;
- sur un autre plan, on constate que les communications inscrites en héraldique sont majoritairement en anglais alors que celles en généalogie le sont en français;
- la tenue d’un «Espace-rencontres» s’annonce une heureuse initiative et la programmation touche en partie des thématiques contemporaines et actuelles non couvertes par les autres communications plus traditionnelles;
- la liste des exposants ne comprend pas des acteurs de taille du secteur au Québec dont Ancestry.ca et l'Institut généalogique Drouin de Jean-Pierre Pepin.

[Summary :

First impressions on an international congress on heraldry and genealogy in Québec City.]

lundi 17 mars 2008

Le site Yukon Genealogy

Pour une recherche sur une personne ayant séjourné ou travaillé au Yukon, il est possible de consulter deux bases de données sur le site Yukon Genealogy.

Ces deux bases de données sont :

- Dawson City Museum Pan for Gold;

- Yukon Archives Genealogy.

La recherche par patronyme est possible; il est conseillé de faire une recherche dans chacune de ces bases de données.


[Summary :

A website to assist family history researchers to find information about ancestors who may have lived or worked in the Yukon Territory.]

mercredi 12 mars 2008

Un écheveau d’alliances stratégiques

Ces derniers mois, on a assisté dans l’univers de la généalogie en Amérique du Nord à une série d’alliances stratégiques entre divers intervenants.

Entre autres alliances, mentionnons celles convenues entre WorldVitalRecords.com et plus d’une trentaine de partenaires depuis sa fondation dont Find My Past, Genealogical Publishing Company, Archive CD Books Australia, British Origins, Immigrant Ships Transcribers Guild, Archive CD Books Canada, Eneclann, Quintin Publications, Gould Genealogy, Familias Argentinas, Godfrey Memorial Library, NewspaperARCHIVE, Find A Grave, Allcensus, SmallTownPapers®, Accessible Archives, The Statue of Liberty-Ellis Island Foundation, Inc., the Moravian Heritage Society, et FamilySearch™; à cela il faut ajouter que, récemment, cette organisation a offert à ses abonnés un abonnement à tarifs réduits aux produits d'Ancestry.com!

La seule lecture de la liste précédente fait déjà apparaître l’écheveau des alliances entre les principaux intervenants du secteur. On peut notamment ajouter les alliances stratégiques suivantes entre :

- Footnote et NARA, Allen County Public Library;
- Family Search et Ancestry.com, Footnote, WorldVitalRecords.com, Godfrey Memorial Library, Heritage Quest/Proquest, Kindred Konnections;
- National Archives and Records Administration (NARA) et Footnote; et un projet présentement en elaboration avec Ancestry.com;
- Library of Congress et Flickr.
Commentaires :

- il faut noter le grand nombre d’alliances stratégiques et qui implique des organisations du privé et du public; bien entendu, la nature de ces alliances varient d’un intervenant à l’autre; se faire une idée juste du réseautage en cours devient de plus en plus difficile pour un observateur;
- des joueurs majeurs dans le domaine sont concernés; en filigrane dernière se profilent les investissements importants requis en ressources technologiques et financières pour la mise en état, la mise en ligne et l’indexation des bases de données;

- on assiste donc à un mouvement de fond qui ne disparaîtra pas;
- les implications de telles alliances sont importantes pour le chercheur (qui prend en compte son intérêt ?) et les organisations en cause (notamment les publiques pour lesquelles des façons de faire différentes sont maintenant possibles pour assurer une meilleure diffusion de leurs informations);
- au net, le tout se soldera par davantage de bases de données en ligne; par ailleurs, il reste à voir si la facture suivra éventuellement;
- sur un autre plan, les implications pour le bénévolat seront à évaluer avec précision [à titre d’exemple, se référer à notre message du 9 mars 2008 intitulé Un appel fort particulier à des bénévoles].


[Summary :

Recent strategic alliances in the genealogy sector.]

jeudi 21 février 2008

Des chantiers nécessaires mais difficiles

Une des objectifs visés en généalogie et en histoire de famille est de traiter de tous les ancêtres ou descendants d’une famille donnée. Cela implique de connaître toutes les personnes hommes ou femmes, ce qui est assez facile en généalogie. En effet, les actes de l’état civil font normalement référence aux personnes concernées et au Québec, comme une femme ne perd pas son nom même après un mariage, la recherche est habituellement possible.

Pour une histoire de famille, la réalité est fort différente et traiter des femmes constitue alors un défi de taille. Cela tient notamment au fait que la capacité juridique n’a été obtenue par les femmes que depuis peu; une des conséquences a été de faire en sorte qu’une femme ne pouvait passer un contrat sans l’accord de son mari, ce qui a réduit grandement la passation de tels actes.

Comme les femmes doivent figurer dans toute histoire de famille pour des raisons qui relèvent autant de du gros bon sens, de l’équité que d’un devoir de mémoire faisant état de leur parcours souvent insolite ou remarquable, il faut s’atteler à la tâche à partir des sources possibles.

En plus des sources familiales ou de la tradition orale, ces sources d’information peuvent comprendre :

- les registres de l’état civil (une femme peut y être mentionnée à titre de fille, d’épouse, de marraine ou de témoin);
- les archives notariales;
- les archives judiciaires (ici, les femmes tout comme les enfants y sont moins
présentes);
- les photographies (après le milieu du 19e siècle);
- les monographies locales, la correspondance, un journal personnel, les livres de comptes…

À l’évidence, une femme qui sait signer et dont la famille dispose de ressources financières supérieures à celle de son entourage laisse davantage de traces dans l’histoire. Par ailleurs, même un examen attentif des sources disponibles ne pourra, dans plusieurs cas, compenser l’absence ou la rareté de l’information.

Ces réflexions ont été formulées à la suite d’un exposé, le 20 février 2008, de Guy Parent, devant les membres de la Société de généalogie de Québec. À cette occasion, ce dernier a présenté avec beaucoup de détails la vie fort intéressante de Jeanne Badeau, une femme d’exception. Une partie de son exposé a fait l'objet d'un article intitulé «Jeanne Badeau et Pierre Parent» publié dans la revue L’Ancêtre, numéro 277, volume 33, hiver 2007, p. 109-118.

[Summary :

To make reference to women in a family history is often quite a challenge.]

jeudi 17 janvier 2008

Généalogie et héraldique, un tandem bancal

D’aucuns établissent un parallèle entre la généalogie et l’héraldique. À première vue, cela semble aller de soi : l’héraldique s’intéresse à l’histoire des familles et s’appuie notamment sur les lignages familiaux, aussi un lien peut être établi avec la généalogie qui vise à établir les liens de parenté et son prolongement naturel, l’histoire de famille.

Un examen mené d’un peu plus près fait ressortir des éléments importants :

- une fracture au plan temporel : l’héraldique est apparue au 12e siècle dans le contexte guerrier du Moyen Âge; la généalogie peut être menée plus une période beaucoup plus longue, comme dans le cas de Confucius par exemple, et ce sans compter les développements récents de la science qui, avec l’analyse de l’ADN, font reculer de façon importante la limite temporelle;
- une fracture au plan social : l’héraldique s’intéresse principalement à un patriarche, un chef de lignée et cette version élitiste d’une famille se reflète dans le fait que seul ce dernier a le «droit» de porter l’armoirie complète, ses descendants devant y prévoir une brisure; une telle situation est de nature à nourrir une discrimination inhérente et son adoption par la noblesse grande et petite et les bourgeois a limité sa diffusion dans la population; en généalogie, une étude bien menée ne fait pas de distinction sociale et inclue tous les membres masculins et féminins d’une famille peu importe son statut ou son besoin d’être reconnu au plan social;
- une fracture au plan géographique : originaire de l’Europe de l’Ouest, l’héraldique s’est également propagée dans les pays avoisinants, mais sans jamais avoir une couverture mondiale; heureusement, la généalogie n’a jamais eu cette limite intrinsèque;
- l’héraldique a un net penchant pour le graphisme et le flamboyant favorisé par l’usage intensif da la couleur; elle fait surtout appel à la vue et son symbolisme se limite à quelques traits d’une famille; une bonne histoire de famille va nettement plus loin, couvre davantage d’aspects et place le tout dans un contexte plus large;
- l’héraldique a été présente en Nouvelle France, mais a surtout touché quelques rares familles ;
- en théorie, l’héraldique est accessible à tous et, au Canada, aussi bien aux femmes qu’aux hommes; en pratique, les conditions exigées et les coûts associés à une démarche pour l’obtention d’armoiries font en sorte de réserver le tout à quelques personnes ou organisations. Sur ce plan, on peut mettre en doute la portée sociale de l’héraldique;
- au Canada, l’héraldique baigne dans un univers de tradition quelque peu suranné : la prérogative royale pour la concession d’armoiries déteint encore sur le vocabulaire, les façons de procéder et l’administration de ce programme tel qu’illustré sur le site de l’Autorité héraldique du Canada.

Ces réflexions ont été formulées à la suite d’un exposé, le 16 janvier 2008, de Claire Boudreau, Héraut d’armes du Canada, devant les membres de la Société de généalogie de Québec. À cette occasion, cette dernière a fait mention des armoiries de la famille Lebel dont un des représentants était présent dans la salle, mais pas celles de la Société de généalogie de Québec. Il est à espérer qu’il s’agit là d’un oubli involontaire.

[Summary :

Some thoughts on genealogy and heraldic in the Québec’s context.]

jeudi 22 novembre 2007

Un signe des temps?

WorldVitalRecords.com (WVR)vient de transmettre à ses abonnés une offre exclusive et valable pour un temps limité. Cette offre consiste en un rabais sur un abonnement aux collections américaines d'Ancestry.com (U.S. Deluxe membership) et à l’achat du logiciel Family Tree Maker (FTM). Le montant à débourser varie selon la durée de l’abonnement; il en est de même de la version du logiciel.

Commentaires :

- au strict plan financier, l’offre présente de l’intérêt et représente un rabais significatif (plus de 30%) au regard du seul abonnement à Ancestry.com;
- l’envoi de cette offre a de quoi étonner. En effet, l’offre concerne les intervenants numéros un et deux dans le secteur de la généalogie en ligne aux États-Unis;
- quelles raisons expliquent une telle offre? Le contexte de concurrence trop compétitif où les investissements en argent et en ressources sont trop importantes? Une progression des abonnés trop lente chez WVR au goût des investisseurs?
- par ailleurs, il faut reconnaître que la plupart des collections accessibles sur ces deux sites sont complémentaires; dans ce contexte, l’abonnement pour un chercheur à l’un et l’autre site se comprend aisément;
- doit-on y voir là un geste qui sera imité par d’autres intervenants dans ce secteur? Cela sera à surveiller au cours des prochains mois.


[Summary :

A stunning and exclusive offer made by WorlVitalRecords.com to its members.]

jeudi 18 octobre 2007

Le site Voici ma famille / That’s my Family

Un communiqué de presse publié le vendredi 12 octobre 2007 par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) fait état du lancement du nouveau site Voici ma famille / That's my Family consacré à la recherche généalogique. Ce site comprend notamment un moteur de recherche fédérée qui permet d’effectuer simultanément et à partir d’un site unique des recherches dans des bases de données accessibles gratuitement sur Internet.

Les bases de données que l’interface permet d’exploiter sont hébergées pour la plupart par les centres d’archives ou les bibliothèques de niveaux fédéral, provincial ou territorial du Canada. Le moteur de recherche est maintenu par BAnQ, avec Bibliothèque et Archives Canada (BAC) comme partenaire et le soutien du Conseil des archivistes provinciaux et territoriaux du Canada (CAPT).

Commentaires :

- un instrument intéressant pour le chercheur internaute qui permet d’interroger diverses banques de données en même temps dont certaines sont peu ou mal connues;
- une version anglaise est disponible sur le site That's my family;
- le titre retenu est étonnant et quelque peu déroutant : à première vue, le titre Voici ma famille suggère que l’on y trouvera des informations généalogiques et des photographies sur une ou des familles, ce qui n’est pas le cas puisque les informations accessibles serviront davantage à alimenter une histoire de famille;
- un tel instrument informatique est accrocheur à première vue, mais il recèle des limitations importantes :
- des banques de données importantes ne s’y retrouvent pas dont la SD141 Statistiques de l’état civil au Nouveau-Brunswick;
- les occurrences trouvées sont parfois le fruit de l’utilisation du Soundex et d’autres fois non; et il n’est pas évident de discerner quand cela se produit; dans ce contexte, il est fortement à conseiller de consulter la rubrique Sources;
- la problématique de la normalisation des patronymes est mise en évidence; il est manifeste que le nombre des occurrences trouvées dépend fortement si une telle opération a été effectuée au nom pour une banque donnée;
- de même, la mise en état au plan informatique d’une base de données pour être interrogée par un tel moteur de recherche doit être effectuée auparavant pour que des résultats valables soient accessibles;
- en raison des limitations du moteur de recherche fédérée, il est indispensable pour un chercheur qui veut exploiter à fond une base de données d’utiliser le moteur de recherche de cette base; davantage de résultats seront obtenus; à titre d’exemple, tout chercheur qui a eu la chance d’assister à l’atelier de formation sur Les inventaires après décès animé par Rénald Lessard du Centre d’archives de Québec de BAnQ a pu se faire expliquer de quelle façon utiliser cette base pour constituer une liste des notaires qui ont pratiqué dans une localité à une période donnée;
- il est regrettable de ne trouver aucune indication du nom des personnes (informaticiens, archivistes ou autres) qui ont collaboré à cette importante entreprise;
- comme tout projet fait en collaboration au Canada, un «cadre canadien» a été adopté avec tout ce que cela comporte; par ailleurs, il est évident que BAnQ a initié ce projet et en est le principal fer de lance; en un sens, il s’agit d’une belle occasion pour illustrer la richesse, la diversité et la spécificité de la généalogie au
Québec;
- un lien à inscrire parmi ses favoris pour un chercheur internaute.

[Summary :

A free search tool for genealogy and family history in Quebec and Canada.]

mardi 11 septembre 2007

Le 11 septembre 2001

Aujourd’hui, le rappel de cette date fait référence aux attentats terroristes de New York et de Washington et avec raison.

Sur un autre plan, les conséquences de ces événements pour les chercheurs en généalogie et en histoire de famille sont rarement mentionnés.

À cet égard, il y a lieu de faire ressortir les points suivants :

- l’évidence, les conséquences les plus lourdes touchent les personnes concernées et leurs proches victimes de situations dramatiques dont les effets pour certains perdurent encore;
- l’accessibilité de certaines des données de l’état civil a été rendue plus difficile; des états et des counties américains ont retiré des bases de données, ont restreint l’accès à d’autres ou ont peut-être abandonné ou mis en veilleuse des projets de bases de
données en ligne;
- les préoccupations relatives à la protection des données nominatives ont été très fortement accentuées; les mesures de sécurité sont maintenant monnaie courante;
- la consultation de certaines données (naissances et décès) est davantage difficile de même que l’obtention d’une copie de ces actes;
- les contacts avec des personnes ou des chercheurs aux États-Unis est nettement plus ardu; sur ce plan, la situation s’améliore mais lentement.


[Summary :

Some consequences of September 11’s events on genealogy and family history.]

mardi 3 juillet 2007

Une quête chargée d'espérance

Pour toute personne à la recherche de ses ancêtres, la pratique de la généalogie s’impose. Cette démarche est alors caractérisée par une volonté de trouver l’information souhaitée sur ses ancêtres et surtout de tout trouver dans le plus court laps de temps possible.

Cette quête d’information qui lui permettra de se situer au regard de tous ses ancêtres est également teintée d’espérance, celle de ne pas rencontrer de «mur», de ne pas tomber sur de l’information choquante et surtout de ne pas débusquer un parent célèbre pour des raisons peu enviables (dont des crimes avec violence notamment).

Un chercheur a conçu un site pour composer avec une semblable situation, soit la présence éventuelle d’un mouton noir dans la famille. Le site BlackSheepAncestors.com renferme des informations utiles pour démasquer un criminel parmi ses ancêtres qu’il soit un pirate, un voleur ou autre chose… Une International Black Sheep Society of Genealogists a même été créée et dont le membership est restreint à ceux qui peuvent fournir la preuve qu’ils ont un mouton noir dans la famille. Pour certains, il existe plusieurs raisons différentes de faire de la recherche.


[Summary :

For those who hope to find a black sheep in their ancestors, a website is tailored to their unwanted need.]