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mardi 31 mai 2022

La genèse d’une activité de formation

 

Depuis la fin mars 2020, la pandémie Covid-19 a bouleversé la vie de plusieurs personnes ct ce à différents titres. Ci-après les détails d’une expérience personnelle.


1  Dès les premières semaines, un constat est fait que les notices nécrologiques parues notamment sur le site Le Soleil présentent des aspects nouveaux et différents : leur nombre baisse, les informations relatives aux modalités de la sépulture sont rares  ou absentes, diverses contraintes sont prévues pour les funérailles par la santé publique… En résulte la confection de plus de 35 diapositives qui permettent notamment de mettre à jour une présentation Powerpoint sur Les notices nécrologiques et la recherche.


2  Au cours de ces mêmes semaines, diverses notes sont consignées sur les effets pour un chercheur en généalogie d’œuvrer dans un tel contexte ; sont notamment soulignés divers aspects dont l’absence d’accès aux locaux d’une société de généalogie de même qu’à ceux de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), la rareté des contacts avec d’autres chercheurs….


3  La réflexion déborde alors sur les effets des autres épidémies qui ont été présentes dans l’histoire du Québec ; pensons au choléra de 1832, à la petite vérole au 19e siècle, à la grippe espagnole au début du 20e siècle… Ces épidémies antérieures ont laissé des traces dans divers registres de l’état civil : les variations du nombre d’actes, l’identification très souvent sommaire des personnes concernées, la rédaction de nombreux actes communs, le recours au concept d’individus en 1832, des commentaires de curés sur des occurrences locales…


4  Et les effets sur certaines familles[1] et communautés paroissiales ont été nombreux et divers et certaines ont été marquées à jamais. Plusieurs histoires de familles en témoignent.


5  Au fil des mois, une présentation Powerpoint intitulée La recherche en généalogie au temps des épidémies a vu le jour ; une façon d’illustrer les effets des épidémies sur les registres de l’état civil et la vie des gens. Dans son état actuel, plus de 150 diapositives ont été assemblées et un document qui comprendra plus d’une quinzaine de pages l’accompagne. Quelques heures devront y être encore consacrées pour en peaufiner leur facture finale.


Comme quoi la Covid-19 a pu avoir généré ici et là quelques effets bénéfiques.



[Summary :

Some personnal comments pertaining to the making of a Powerpoint presentation on the effects of epidemics on Québec’s church records.]



[1] Les billets publiés les 27 et 28 avril 2022 sur ce blogue constituent des exemples éloquents.

lundi 10 février 2020

À propos des besoins de formation en généalogie


Ces derniers jours, les membres de la Société de généalogie des Cantons-de-l’Est (SGCE) ont reçu par courriel un sondage portant sur le sujet mentionné en titre.  L’objectif mentionné par cette société est de mieux connaître les besoins de ses membres de façon à élaborer les programmes de formation à venir.

Une opération pleine de sens qui devrait être imitée par d’autres sociétés. La rédaction de ce billet s’inscrit dans la foulée de la réception de ce courriel.

Il y a lieu de souligner la grande diversité[1] actuelle de l’offre de formation dans les diverses sociétés de généalogie tant en nombre que par les sujets couverts. Et le fait que certaines sociétés n’offrent pas de formation devrait préoccuper la Fédération québécoise des sociétés de généalogie (FQSG) ; cette situation est malsaine.

Les besoins en formation varient beaucoup selon qu’un chercheur débute sa recherche ou la poursuit depuis quelque temps. Il va de soi qu’une offre de formation doit inclure des ateliers d’initiation  portant sur la démarche, les sources disponibles, les acteurs du milieu…. Par ailleurs et dans un contexte où la plupart des chercheurs consacrent de plus en plus de temps à la recherche en ligne, des ateliers appropriés devraient être davantage disponibles sur ce point.

Pour un chercheur davantage aguerri, quelques axes de formation peuvent être évoqués :

-       l’éthique et la généalogie ; de par son objet même, la généalogie est profondément éthique et un chercheur est constamment confronté à cette dimension. Ces dernières années, l’arrivée des tests d’ADN a mis cette problématique à l’avant plan avec une acuité particulière. Jusqu’ici, la réponse à ce besoin par le milieu tient presqu’exclusivement au contenu du  Code d’éthique dugénéalogiste de la FQSG. On conviendra que le contenu de ce code constitue une réponse partielle et incomplète pour traiter adéquatement de cette problématique ;

-       la preuve en généalogie ; au Québec, rien de comparable n’est disponible à ce qui existe aux États-Unis dans divers ouvrages imprimés ou en ligne et relatifs à la Genealogical Proof Standard (GPS). Il y a lieu de systématiser le traitement de cet aspect en y incluant les résultats des tests d’ADN ;

-       l’identification de certaines personnes dans les registres ; cette problématique fondamentale handicape grandement la recherche ; des ateliers pourraient être conçus pour se pencher sur ces situations ;


-       les femmes dans les registres ; ces dernières sont présentes dans tous les actes de l’état civil à divers titres mais cet aspect est rarement abordé comme tel dans la recherche. Il est grandement temps de s’y intéresser et d’en traiter de façon à déborder la seule problématique des «Filles du Roy» ;

-       les diverses facettes des registres de l’état civil ; les registres de l’état civil constituent et de loin la source première d’information pour la recherche. Par ailleurs, force est de constater que les nouveaux chercheurs connaissent mal les diverses facettes de cette source dont les copies religieuse et civile, les registres catholiques et autres que catholiques, les effets de l’arrivée du Directeur de l’état civil (DEC),… À cela pourraient s’ajouter des ateliers spécifiques axés sur l’exploitation thématique du contenu des registres de l’état civil : les annotations marginales, le prisme du judiciaire, le prisme de la religion… ; sur ce dernier point, la richesse du contenu de cette source ne cesse de surprendre ;

-       la recherche en généalogie ailleurs qu’au Québec ; une recherche effectuée au Québec force rapidement le chercheur à déborder les frontières : France, États-Unis, Angleterre, Irlande… Le constat se fait rapidement alors que les sources sont différentes ou n’existent guère, les approches pour les localiser et les exploiter également…. La réalité de ces pays diffère largement de celle du Québec et y mener des recherches exige beaucoup de temps et de connaissances, et des approches appropriées ; en d’autres mots, tout le contraire de la situation qui prévaut au Québec.



[Summary :
Some personnal comments about the needs of formation in genealogy’s societies in Québec.]


N.b.
Le rédacteur de ce billet a conçu et animé divers ateliers de formation dans plusieurs sociétés de généalogie dont la SGCE.

[1] Incluant une désolante «dérive» en histoire pour plusieurs ateliers.

dimanche 21 octobre 2007

William Joseph Caillouette

La consultation de la base de données National Union Catalog of Manuscrit Collections de la Library of Congress à Washington (DC) permet notamment de trouver les coordonnées de deux thèses soutenues au George Peabody College for Teachers de la Vanderbilt University à Nashville (TN) :

William J. Caillouette. American priest poets since 1900 : a survey. 1925, 134 p. Thesis (M.A.)

Subjects : American poetry - - Catholic authors - - History and criticism. Clergy as authors - - United States. American poetry - - 20th century - - History and criticism. Christian poetry, American - - History and criticism.


William J. Caillouette.
Quantitative studies in the poetry of Francis Thompson. 1940, 112 p. Thesis (Ph.D.) (Peabody College contributions to education. Ph. D series no 271).

Subjects : Thompson, Francis, 1859-1907 - - criticism and interpretation.

Commentaires :

- l’éducation et la formation ont toujours occupé une place importante chez les descendants de Gilles Caillouet;
- à notre connaissance, il s’agit vraisemblablement d’un des premiers descendants à être diplômés au niveau du doctorat.

William Joseph Caillouette est le fils d’August Caillouette et de Mary Joyce; il est membre de la sixième génération des descendants de l’ancêtre Gilles Caillouet.

[Summary :

One of the first Ph.D. thesis among the descendants of Gilles Caillouet’s descendants.]

lundi 13 août 2007

Les «généalogistes diplômés»

Le Bureau québécois d’attestation de compétence en généalogie (BQACG) a fait connaître dans Info-Généalogie (volume 17, numéro 2, juin 2007, page 4) les modalités prévues pour la reconnaissance des «généalogistes diplômés».

Les membres de l’exécutif du Bureau proposent d’accorder, dès juin 2008, le titre de généalogiste diplômé à tout généalogiste qui aura suivi un certain nombre de cours parmi ceux proposés par les sociétés membres de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie.

À cet effet, les sociétés membres sont invitées à transmettre à la Fédération :

- la liste de ces cours;
- le contenu de la publicité réalisée relativement à ces cours;
- ainsi que le plan ou le sommaire de ces cours.
«Ceci dans le but que le Bureau puisse évalué (sic) leur valeur et leur pertinence à être inclus parmi les cours obligatoires pour l’obtention d’un diplôme par les généalogistes qui le souhaitent.»

Ce projet a de quoi étonner et soulève de sérieuses interrogations :

- le terme diplôme réfère à un contenu précis; selon le Grand dictionnaire terminologique, il s’agit d’un acte par lequel une autorité compétente atteste qu’un élève ou un étudiant a achevé avec succès un programme d’études; est-ce le cas ici?
- le Bureau ne possède aucune compétence en formation, ce domaine relevant des sociétés de généalogie et de certains établissements d’enseignement dont les activités ne seraient pas visées ici;
- vérifier qu’un programme d’études a été achevé avec succès requiert de procéder à une évaluation (par la remise de travaux, le passage d’un examen…) comprise dans le programme même et permettant notamment de vérifier la compréhension et l’appropriation du contenu; à ma connaissance, aucune société n’offre présentement de telles activités incluant une semblable modalité; il est difficile de croire qu’un animateur sérieux s’associera à une démarche de cette nature impliquant le contenu de ses activités de formation;
- le terme cours employé ici est équivoque : fera-t-on la différence entre un atelier de sensibilisation grand public, un atelier spécialisé, un atelier pratique…? Dans l’affirmative, de quelle façon?
- l’évaluation par le Bureau des cours offerts par les sociétés sera faite sur la seule base du contenu de la publicité et du plan ou sommaire du cours! Une telle façon de procéder qui ignore le contenu même du cours n’est pas très crédible;
- le Bureau déterminera une liste des «cours obligatoires»; quels seront ces cours? sur quelle conception de la généalogie seront-ils fondés? Les sociétés n’offrent pas actuellement toutes les formations dans tous les domaines de la généalogie, des pans de formation seront-ils ainsi ignorés?
- il est étonnant de parler de formation «obligatoire» en généalogie; pour sa part, le Board for Certification of Genealogists américain ne préconise aucune formation obligatoire. De façon plus concrète et plus adaptée, il propose en ligne des exercices Skillbuilding à l’attention des chercheurs qui souhaitent améliorer leurs compétences; ils disposent également d’exercices intitulés Test Your skills et Are You Ready for Certification pour ceux qui veulent mener leur démarche plus avant;
- donner suite à ce projet dans son état actuel irait à l’encontre d’un des objectifs visés par le Bureau à savoir «Donner plus de crédit aux recherches généalogiques en général et protéger le public qui en fait la demande»;
- aussi, il est à espérer que, pour la crédibilité même de la généalogie au Québec, le BQACG, les sociétés et les chercheurs mettent le pied à terre et retirent ce projet.
[Summary :

A project of the Bureau québécois d’attestation de compétence en généalogie for the certification of Quebec’s genealogists raises serious interrogations on its pertinence and its credibility.]

samedi 19 mai 2007

Une discrimination inhérente

Le site de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie fait état sous la rubrique «Programme» [!] du texte relatif au Remboursement des frais reliés au déplacement d’un conférencier ou d’un formateur en région qui date d’avril 2006.

Cette mesure ne s’adresse qu’aux sociétés situées en région, soit à plus de 200 kilomètres de Montréal ou de Québec, et pour lesquelles un conférencier ou un formateur aura une distance de 250 kilomètres aller-retour à faire pour se rendre dans une de ces sociétés.

Les objectifs de cette politique sont tout à fait louables :
- favoriser la tenue d’activités de formation, sous forme de conférence ou d’atelier;
- ce dans les sociétés de généalogie défavorisées par une localisation excentrique.

Les modalités prévues pour le remboursement tombent sous le sens commun, dont la présentation de factures.

Par ailleurs, la mise en application de cette mesure institue de fait deux types de sociétés basés sur le seul critère du territoire.

La lecture sous-jacente de la réalité des sociétés de généalogie, et particulièrement de leurs besoins de formation, est en partie erronée :

- personne ne met en doute le fait que les sociétés éloignées font face à un contexte plus difficile et à des difficultés additionnelles au plan de la formation;
- par ailleurs, l’état de la formation dans les sociétés du Québec exclues de cette mesure est pour le moins fort disparate au plan de l’offre et de la prestation des activités, et ce en dépit des besoins plus nombreux en raison de la présence d’un plus grand nombre de chercheurs;
- de fait, des sociétés situées près de Montréal et de Québec connaissent des situations qui se rapprochent de celles vécues par les sociétés des régions éloignées.

Les critères retenus par la Fédération auraient pu être modulés autrement pour atténuer cette discrimination intrinsèque et fort discutable. Ce faisant et avec le même budget alloué, davantage de sociétés et de chercheurs pourraient recevoir de la formation par le biais de cette mesure.

Suggestions :

- procéder en priorité à l’examen des demandes en provenance de sociétés éloignées;
- réserver une partie du budget alloué à ces demandes;
- par la suite, procéder à l’examen des autres demandes, notamment au regard de leur pertinence et de critères à définir;
- accorder la priorité aux demandes pour lesquelles des sociétés se sont regroupées à cet effet.


[Summary :

A FQSG’s rule dealing with the reimbursement of formation’s expenses is discriminatory and based on distance. Since the needs of formation are analog for many genealogical societies near Montreal and Quebec, suggestions are made to deal with and ease that attenuate that intrinsic discrimination.]

mercredi 25 avril 2007

La formation : un trou noir de besoins

Dès la création des sociétés de généalogie au Québec, de la formation a été offerte à leurs membres. Elle a pris la forme de conférences ou encore d’ateliers animés par les chercheurs plus chevronnés. Cette décision était tout à fait appropriée; il s’agissait de faire en sorte que les chercheurs soient mieux préparés pour leurs travaux de recherche. Elle s’inscrivait également dans le cœur même de la mission d’une société.

Actuellement, la plupart des sociétés de généalogie offrent encore de la formation et selon des formes assez semblables : conférences, ateliers de base ou spécialisés, et activités de sensibilisation grand public. Curieusement, le recours de plus en plus répandu à l’informatique et l’usage d’Internet a multiplié les besoins de formation chez les chercheurs même les plus anciens. L’utilisation d’outils de plus en plus sophistiqués et la présence en ligne de diverses bases de données créent des possibilités de formation encore plus nombreuses qu’auparavant. Sur un autre plan, l’abondance de l’information et sa plus grande accessibilité font également en sorte que, pour les chercheurs nouveaux dans le domaine, la nécessité de repères et de balises s’impose encore davantage.

Pour les sociétés de généalogie, ce créneau de leurs activités offre des opportunités très grandes et leurs membres sont en attente en cette matière. Il suffit d’offrir à ces derniers une offre diversifiée de formation à un coût raisonnable et la clientèle est assurée. Dans ce domaine, la clé de la réussite est de pouvoir compter sur des animateurs.


[Summary :

All genealogical societies offer some kind of formation : mostly workshops or lectures. The widely use of computers and the Internet have increased the needs in formation even with long time researchers. Guidelines and landmarks are more required than ever.

For genealogical societies, formation offers greats and numerous opportunities for development; they only have to offer diversified activities at a reasonable cost and the researchers will attend.]