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jeudi 4 août 2022

Avoir un seigneur pour parrain

 

Les registres de la paroisse Notre Dame de Québec pour le 21 septembre 1835 font état de l’acte de baptême suivant :


«B. 596   Antoine Louis Juchereau Duchesnay


Le vingt et un de Septembre mil huit cent trente cinq nous prêtre, curé de Quebec avons baptiSé Antoine Louis né la veille du legitime mariage de Charles Maurice Juchereau Duchesnay Ecuier Avocat et de Dame Charlotte Claire Perrault de cette ville. parrain Antoine # Juchereau Duchesnay Ecuier Seigneur de Beauport, Marraine Dame Marie Louise Perrault épouse d’Érrol Boyd Lindsay Ecuier qui ainsi que le père, et plusieurs autres amis ont Signé avec Nous.

[11 signatures suivent]

                          ChsF Baillargeon ptre».


Dans la marge, on peut lire l’annotation suivante suivie de 11 initiales :


«# Narcisse».



[Summary :
The church record for the baptism of a boy in Québec, Québec.]

dimanche 27 mai 2018

Toute une brochette de signatures

Les registres de la paroisse Saint-Jean l'Évangéliste de Saint-Jean pour le 17janvier 1871 font état de l'acte de sépulture suivant : 

«S. 4   Joseph Charles Henri LaMarque 

   Le dix sept janvier, mil huit cent soixante onze, Nous soussigné Evêque de St Hyacinthe avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Charles Joseph Henri, décédé le quatorze courant, agé de vingt six ans, sept mois et neuf jours, fils légitime de Henri LaMarque Ecuier Marchand et de Hermine Drolet de cette paroisse. Etaient présents Léon Lévis Dupré, vicaire de la Cathédrale de St Hyacinthe, Léon Lasalle, Curé de Beloeil, Ferdinand Corbeil, vicaire de cette paroisse, Fortunat Aubry, Curé de la dite paroisse et autres soussignés.
L.A. Lassalle ptre       L.L. Dupré ptre
F. Corbeil ptre           H Marchand
                                J O Gravel
F. Aubry ptre            Isaac Piédalue
              + C. Eve. de St Hyacinthe». 

Noter que l'évêque officie ; il s'agit du monseigneur Charles Larocque, troisième évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe de 1866 à 1875.
 

[Summary :
The church record for the burying of a man in Saint-Jean, Québec.]

vendredi 4 décembre 2009

Une façon de faire étonnante

Les registres de Sainte-Justine pour le 25 mars 1901 font état de l'acte de baptême suivant :

«B. 14 Jos. Arsitide Camille Pouliot

Le vingt cinq mars, mil neuf cent un, nous soussigné, curé de cette paroisse, avons baptisé Joseph Aristide Camille, né la veille, fils légitime d'Eugène Pouliot, cultivateur, et de Elise Bouchard, de St Abdon du Lac Etchemin. Le parrain a été Napoléon Faucher, cultivateur, et la marraine Marie Goupille son épouse de St Abdon du Lac Etchemin, soussignés. Le père absent. Lecture faite.
Napoléon Faucher Marie Goupille M. Théop. Trudel ptre
».


Au regard des signatures des deux témoins, on peut lire l'inscription suivante : «signé pour eux par moi curé».

Comment expliquer cette annotation? Le curé s'est aperçu après la rédaction de cet acte que les témoins n'avaient pas signés? Au fait, peut-on être sûr que ces derniers savaient le faire? À tout événement, il s'agit là d'une pratique illégale, à déplorer et qui a de quoi faire sourciller.


[Summary :

The church record for the baptism of a boy in Sainte-Justine, Québec.]

samedi 7 novembre 2009

Un autre pasteur signe avant les témoins

Les registres de l'Église baptiste française évangélique de Marieville pour le 26 mai 1903 font état de l'acte de sépulture suivant :

«Ce jourd'hui le vingt sixième jour du mois de mai mil neuf cent trois, Damas Chicoine , fils majeur de Clovis Chicoine, cultivateur de la paroisse Ste Marie de Monnoir d'une part et Lillie Auclair fille mineure de Joseph Auclair cultivateur de la paroisse de St Jean-Baptiste de Rouville d'autre part, nous ayant presente une dispense dûment signée et scellée, ont été mariés par nous soussigné en présence de leurs parents et de plusieurs amis.
MB. Parent pasteur Damas Chicoine Lillie Auclair Josephine E Smith Charles Auclair Clovis Chicoine Joseph Auclair
».


La signature du pasteur avant celle des témoins est étonnante puisque normalement le responsable du registre doit s'assurer qu'un acte ne peut être modifié par après sa propre signature. Cette pratique semble se rencontrer surtout dans les registres autres que catholiques.

Noter que le nom d'un seul des parents est mentionné pour chacun des conjoints.


[Summary :

The church record for a marriage in Marieville, Québec.]

mardi 15 septembre 2009

L'exploitation des signatures dans les registres de l’état civil

Le dictionnaire Robert définit une signature comme une inscription qu’une personne fait de son nom (sous une forme particulière et constante) pour affirmer l’exactitude, la sincérité d’un écrit ou en assumer la responsabilité.

Généralement situées au bas d'un acte, les signatures prennent différentes formes élaborées ou non; certaines sont difficiles à déchiffrer. L’ordre des signatures, particulièrement au cours du Régime français, n’est pas laissé au hasard et a une signification particulière au regard du rang occupé dans la société.

Il y a lieu de noter ici que la marque d’une personne au bas d’un document ne répond pas aux critères de cette définition; dans quelques cas, leur présence constitue une manifestation de respect envers la personne concernée et de sa volonté.


Des éléments de contexte

- Depuis le début de la Colonie, les exigences contenues dans la réglementation relative aux signatures dans les registres de l’état civil ont été relativement constantes. Ainsi, des signatures sont prévues au regard de chacun des actes suivants :
o baptême [père, parrain, marraine, officiant]
o mariage [parties, témoins, célébrant]
o sépulture [témoins, célébrant]
o sans compter l’obligation d’indiquer si une personne ne sait signer.
- D’autres signatures sont facultatives et ne sont le lot que des personnes témoins à l'événement.
- Un survol des registres montre que le nombre de signatures est relativement faible, en particulier pour les époques plus anciennes.
- Divers facteurs peuvent expliquer cette rareté relative :
o avant le milieu du 19e siècle, le niveau d’instruction de la population n’est pas très élevé
o dans certains paroisses, une gestion discrétionnaire des registres par certains curés n’a pas favorisé la présence de signatures même celles requises par la réglementation.
- les signatures sont recherchées par les chercheurs en raison de leur caractère visuel, accrocheur et parce qu’elles témoignent d’une certaine façon de la personne concernée. Elles sont particulièrement appréciées lors de la rédaction d’une histoire de famille.
- Comme les index en font rarement sinon jamais mention, la consultation d’un acte ou le balayage visuel d’un registre s’impose pour les localiser.
- Certaines signatures sont plus fréquentes que d’autres : celles du prêtre officiant,
du bedeau, du fossoyeur ou de personnes de la paroisse qui savent signer; sur ce plan, les signatures constituent une source incomplète sinon discriminatoire sans compter qu’elles ne concernent pas les jeunes enfants.
- Une signature constitue un indice certain de la présence d’une personne à un événement et témoigne d'un certain niveau d'instruction.
- Certaines personnes ne signent que de leur seul patronyme. Pour d'autres, une façon particulière sinon exhubérante de signer résulte d'un geste volontaire faisant état de leur personnalité.
- La localisation de la signature répond parfois à des règles non écrites : au cours du Régime français, l'ordre des signatures reflète le rang occupé par la personne dans la société; dans certains registres de communautés religieuses autres que catholiques, les signatures des témoins sont localisées à un endroit particulier au bas de l'acte et une indication du statut de ceux-ci est fournie.
- Dans certains cas, des vérifications doivent être menées au regard de :
- la véracité de la mention dans un acte de la capacité de signer d’une personne [ne sait signer; illettré…]
- la mention dans un acte de la présence d’une personne qui a signé et dont la signature ne figure pas au bas de cet acte.


Quelques avenues possibles pour leur exploitation

- L'examen d'une signature versus la graphie du nom de famille dans un acte
- l’évolution de la signature d’une personne au cours des années au plan de la calligraphie [constitue un indice de l’état de santé selon l’âge]
- la variation de la signature d’une personne au cours des années
- l'examen des signatures au regard d'une opération de normalisation des patronymes
- la présentation d’un titre d’ascendance directe par les signatures
- l’identification correcte d’une personne, notamment dans le cas de personnes homonymes
- une mesure de la notoriété d'une personne [nombre de signatures; identification et fonctions des personnes qui signent]
- un témoignage de certaines relations sociales et du voisinage
- l’utilisation d’une signature dans le cadre d’une enquête généalogique [si une personne signe sur un document, elle peut avoir fait de même ailleurs]
- ...

samedi 21 juin 2008

Des signatures précèdent et suivent un acte de sépulture

Les registres de la paroisse de St-Anaclet pour le 21 décembre 1907 font état de l’acte de sépulture suivant :

«S. 37 Le Révérend Martial Richard Bilodeau 76 ans

P A Saucier ptre curé de Rimouski
Aug. Duval ptre
B. Ph Sylvain chanoine
? Ptre
J B Villard v.p.
D LeBel ptre curé de St-Donat
Jos. Ant. Leblanc ptre
C. Ph. Coté ptre curé de Ste-Angèle
Jos N ? ptre curé Ste Anne Pointe au Père
Aug. Pelletier ptre curé de St-Joseph de Lepage
P Savary Ls Lamontagne ptre curé de St-Éloi
? Ross Princ Ecole normale
Jos. Perron Curé Ste-Luce
Jos. D. Michaud Procureur Évêché de Rki
Le vingt et un décembre mil neuf cent sept, nous, soussigné, curé de S. Arsène, avons inhumé dans l’église de cette paroisse, du côté de l’evangile sous le chœur le corps du Révérend Martial Richard Bilodeau, chanoine de la cathédrale de Rimouski ancien curé de cette paroisse de Saint Anaclet pendant trente sept ans, décédé le dix-huit du courant âgé de soixante ans & sept mois. Étaient présents un grand nombre de confrères & une foule de paroissiens dont plusieurs ont signé avec nous. Lecture faite. Les signatures qui sont en tete de cet acte doivent être rajjoutées ici à la suite.
J A Verreau ptre curé N. D. Mont Joli
J. O. Normandeau ptre chanoine
Els. J. Roy St-Louis du Ha! Ha!
J. F. J. Lajoie ptre curé de S. Anaclet
J Pierre Roy
V. StLaurent
Joseph Langlois
L. Ch. Grenier ptre curé à St-Arsène
».


Il est ironique de constater que 14 des 22 signatures au total qui précèdent cet acte de sépulture sont le fait de prêtres et même de curés qui, de par leur fonction, ont à collaborer à la tenue des registres de l’état civil.

La sépulture du corps dans l’église s’explique par le fait que le défunt y a longtemps officié à titre de curé pendant 37 ans.

[Summary :

The church record for the burying of an ancient priest of St-Anaclet.]