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mercredi 22 juillet 2009

L'accès aux archives notariales du XXe siècle

Le 6 juillet 2009, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a signé avec la Chambre des notaires du Québec (CDN) une entente relative au sujet mentionné en titre.

Le communiqué émis à cette occasion est pour le moins laconique et ne renseigne guère sur les effets concrets de cette signature pour les chercheurs.

Heureusement, le 17 juillet dernier, BAnQ a diffusé un court avis aux chercheurs les informant des modalités qui présideront à la consultation de ces actes notariés.

Deux choses à retenir :
- les actes de plus de 80 ans [ou avant le 31 décembre 1929] seront accessibles
- durant une période de «transition» entre cette première date [1929] et 1940, l'accès aux actes, répertoires et index sera possible à l'exception des testaments et des contrats de mariage non publiés, le tout après la signature d'une entente de confidentialité.

Commentaires :

- le texte du communiqué du 6 juillet dernier traduit mal l'importante de cette entente pour l'avenir. Même si le nombre d'actes et de greffes couverts n'est pas connu, il s'agit là d'une masse considérable de documents qui deviendront progressivement accessibles, de quoi se réjouir
- la signature d'une telle entente est le fruit d'une démarche longue, ardue et qui se déroule loin des feux de la rampe. Cela explique peut-être que le site de la Chambre des notaires du Québec ne fasse pas curieusement mention de cette signature
- l'établissement de la limite de 80 ans est importante en ce qu'elle constitue un compromis intéressant entre les exigences de la confidentialité et celles relatives à l'accès à la consultation; de plus, il s'agit d'une balise simple qui facilitera sa gestion, et surtout mobile
- sur ce caractère mobile, un aspect étonne. En effet, l'application d'une année à l'autre de la limite de 80 ans fera en sorte que la durée de la période de «transition» fixée à 1940 sera réduite d'autant. Si tel est le cas, des explications seraient les bienvenues
- en dépit de la signature de cette entente et même avec toute la bonne volonté de BAnQ, l'accès à ces actes notariés n'est pas pour demain. Les palais de justice devront d'abord verser le contenu des greffes concernés et, par après, BAnQ devra mettre en état l'information. Bref, une opération en continu qui s'ajoute aux autres opérations de cet organisme.

Nos remerciements à Normand Charbonneau et Julie Fournier pour avoir porté le texte de cet avis à notre attention.


[Summary :
The access for notary's acts in Québec.]

samedi 8 mars 2008

Des travaux pour une maison située à la Canardière

Un des actes du greffe du notaire Étienne Boudreault et daté du 15 décembre 1821 concerne un marché intervenu entre Jean-Baptiste Caillouette et le maître-boulanger Étienne Simard demeurant à la Haute ville de Québec, rue St-Jean.

Les travaux de menuiserie seront effectués sur une maison de 40 pieds de front sur 30 pieds de profondeur et située «...au lieu nommé La Canardière». Parmi les travaux à faire, notons un plancher de bois et «...un escalier simple mais bien commode» pour aller au grenier. Ces travaux devront être terminés pour le dernier jour du mois d'octobre 1822 et pour la somme de 60 livres. La moitié de cette somme sera payée au cours de l'été et l'autre moitié, le 1er mai 1823.

Devant ce même notaire en date du 17 janvier 1822, le maître-menuisier Jacques Laurencelle, père, demeurant au Faubourg St-Roch conclue un marché (# 1721) avec Jean-Baptiste Caillouette dans le but de faire des ouvrages de menuiserie à une maison située «...au lieu de la Canardière» et appartenant au sieur Étienne Simard.

Ces travaux devront être livrés le 15 octobre prochain pour le prix de 95 livres qui seront payées de la manière suivante : 50 livres le 1er juin, 25 livres au cours du mois d'octobre et 20 livres le 1er novembre 1822, le tout sans intérêt. Parmi les travaux à effectuer, il est fait mention d'une grande porte d'église qui aura 8 pieds de large par 16 pieds de haut. Plus loin dans le texte de ce marché, on apprend que cette porte est destinée à la troisième église de St-Nicolas. On retrouve à la fin de cet acte une quittance au montant de 50 livres datée du 11 septembre 1822. De même, le 23 septembre 1822, Jean-Baptiste Caillouette consent à ce que la somme de 30 livres qui lui est due par Étienne Simard en vertu d'un marché passé le 15 décembre 1821 devant le même notaire soit payée à Jacques Laurencelle.

Commentaires :

- il s’agit là d’un bel exemple de transactions complexes qui étaient alors réglées en ayant recours à des actes notariés, la rareté du numéraire aidant;
- la localisation de cette maison illustre bien que la croissance de la ville de Québec avait déjà commencé à déborder de son cadre original;
- une analyse fine de tels actes permet d’identifier le réseau de relations existant dans le milieu de la construction à Québec.

[Summary :

Works for the improvement of a house located near Québec City.]

lundi 8 octobre 2007

La banque Parchemin

Au Québec, les actes notariés constituent la deuxième source d’informations pour la recherche en généalogie et en histoire de famille. La banque Parchemin, une banque de données notariales du Québec ancien est une des sources les plus riches et intéressantes à consulter. Le site Internet de Pierre Benoit en fait une présentation utile pour le chercheur.

Commentaires :

- cet outil de repérage des données notariales du Québec ancien a été compilé par la Société de recherche historique Archiv-Histo;
- il présente un inventaire complet des minutes notariales de 1626 à 1784, soit 317 482 actes;
- chacune des notices ne renseigne le chercheur que sur les coordonnées suivantes de l’acte : le type d’acte, le nom des principales parties intervenantes, leur fonction ou profession, leur situation matrimoniale, leurs lieux d’origine et de résidence;
- aussi, la lecture du document notarié original s’impose;
- comme la saisie a été effectuée en respectant le texte des actes, il y a lieu d’être particulièrement attentif aux variantes orthographiques notamment pour les patronymes et les toponymes;
- le moteur de recherche permet de localiser une information à partir de divers champs, dont le patronyme;
- cette banque doit être consultée dans les centres régionaux de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et dans certaines sociétés de généalogie et bibliothèques publiques du Québec;
- l’exploitation de cette banque peut être faite avec succès par différents chercheurs avec des intérêts différents.
Pour plus d’informations, consulter les ouvrages suivants :

- Hélène Lafortune et Normand Robert. Parchemin s’exécute. Nouvel instrument de recherche en histoire et en généalogie. Montréal, Archiv-Histo, 1994, 98 p.;
- Hélène Lafortune, Normand Robert et Serge Goudreau. Parchemin s’explique. Guide de dépouillement des actes notariés du Québec ancien. Montréal, Société de recherche historique Archiv-Histo, Archives nationales du Québec et Chambre des notaires du Québec, 1989, 288 p. ;

- Charles-A. Roberge. La banque de données «Parchemin», un nouvel outil pour les généalogistes. L’Ancêtre, vol 18, no 9, mars 1992, p. 329-333.

[Summary :

Parchemin is a database on notarial documents in Quebec; a powerful research tool for all kinds of research on New France.]