mercredi 30 avril 2008

Le mariage d’un Huron à Baie St-Paul

Les registres de la paroisse St-Pierre et Paul de Baie St-Paul pour le 28 novembre 1849 font état du mariage suivant :

«31e Mariage François Louis / huron / X Marie Simard

L’an mil huit cent quarante neuf le vingt huit Novembre, après la publication de deux bans de mariage faite au prône de notre messe paroissiale par deux dimanches, savoir le onze et le vingt-cinq du mois susdit entre François Louis, Huron de nation, veuf de Charlotte Oteiss ?, du Village Huron de Lorette, d’une part; X Marie Simard fille majeure de défunt Louis Simard et de défunte Elisabeth Cunningham, alias, Coudée de la paroisse de la Baie S Paul, d’autre part; une semblable publication ayant été faite à la messe de la Mission du village susdit de Lorette, comme il nous a paru par le certificat du révérend François Boucher missionnaire du lieu; dispense d’un ban ayant été accordée par nous soussigné Vicaire Général Curé de la Baie S Paul avons reçu leur mutuel consentement de mariage en présence d’Augustin Gagnon, de Jacques Filion, de Jean Baptiste Bouchard et d’Adolphe Renaud, trois soussignés; l’autre et les époux ont déclaré ne savoir signer. Deux mots rayés nuls.
J B Bouchard J Bte Renaud Adolphe Renaud N Chauvin Ptre VG».

Commentaires :

- depuis les débuts de la Nouvelle-France, les contacts entre la population de souche européenne et les ;
- ils se sont poursuivis jusqu’à maintenant;
- cet acte de mariage témoigne d’un de ces contacts sous une forme plus officielle.
[Summary :

The church record of a marriage involving an Indian in Baie St-Paul.]

mardi 29 avril 2008

Un milicien inhumé au fort Presqu’île sur le lac Érié

Les registres du fort Presqu’île pour l’année 1753 font notamment état de l’acte de sépulture suivant :


«Sépulture de Jacque Beauchamp 1753

L’an mil sept cent cinquante trois le trois d’aoust est décédé Jaque Beauchamp habitant de la paroisse de St. Joseph riviere des prairies agé de vingt ans, apres avoir recûs les Sacrements de notre Mere la Ste Eglise. Son corps a été inhumé avec les ceremonies ordinaires dans le cimetiere du fort de la presqu’isle, en foy de quoy j’ay signé.
F. Gabriel Anheuser ptre Rt Mn aumonier
».

Commentaires :


- ce fort était situé sur la rive est du Lac Érié à l’emplacement actuel de la ville d’Erie en Pennsylvanie. Sa brève histoire est liée à un épisode peu connu de la French and Indian War; il faisait partie d’une série de forts destinés à préserver les intérêts des Français dans cette région;
- ce milicien est l’un de ceux qui sont décédés lors de la construction de ce fort; le contenu du registre pour cette année en témoigne puisqu’il ne renferme qu’une succession ininterrompue d’actes de sépultures de soldats et de miliciens français;
- noter le jeune âge du milicien, le fait qu’il provenait de la région de Montréal et la présence de l’aumônier qui accompagne les militaires.

[Summary :

The church record of a french militiaman on the eastern shore of Lake Erie.]

lundi 28 avril 2008

Quelques naufrages à Terre-Neuve

La Trinity Historical Society a mis en ligne un site portant sur quelques uns des naufrages qui ont marqué l’histoire de la ville de Trinity située sur la côte est de Terre-Neuve. La version française porte le titre Ceux qui déscendent (sic) à la mer dans des bateaux : les naufrages 1800-1945.

Pour chacun des navires naufragés, un texte de présentation accompagné de données relatives aux caractéristiques du bâtiment de même que des photos et des documents numérisés sont disponibles. D’autres informations sont également accessibles pour différents autres navires.

Le site est bilingue [en anglais : They That Go Down to the Sea in Ships : Shipwrecks : 1800-1945]. Il est regrettable que le texte de la version française soit d’aussi piètre qualité.

Un bel exemple d’un site mettant en valeur une caractéristique qui a marqué profondément la vie d’une communauté locale.


[Summary :

A website on shipwrecks that happened around a local community in Newfoundland.]

dimanche 27 avril 2008

Angélique Cayouette n’est pas une descendante de Gilles Caillouet

Les registres de la paroisse St-Patrice de Rivière du Loup pour le 22 janvier 1852 font état de l’acte de baptême suivant :


«B. Angélique Cayouette

Le vingt deux janvier mil-huit-cent-cinquante-deux, Nous Prêtre Soussigné avons baptisé Angélique, née le dix huit du même mois du légitime mariage d’Adolphe Cayouette et de Marie Bélanger de cette paroisse. Parrain Joseph Bélanger, marraine Marie Thècle Mignault qui n’ont su signer.
L. H. Proulx ptre
».

Commentaires :


- à première vue, le contenu de cet acte laisse croire que cette Angélique est une des descendantes de Gilles Caillouet;
- des indices militent en ce sens : la graphie du patronyme; la paroisse située dans une région où d’autres descendants se sont installés au cours de ces années;
- par ailleurs, un autre indice crée un doute : le fait que le père ne sait pas signer [il en est de même de son épouse, Marie Thècle Bélanger], une situation peu fréquente chez les descendants.

La vérification a été effectuée en établissant le titre d’ascendance directe du père d’Angélique. Le doute est levé et Angélique est une des descendantes de Pierre Cahouet et de Marie-Anne Godreau, l’ancêtre des Caouette du Québec, une famille distincte en Nouvelle-France et au Québec de celle des descendants de Gilles Caillouet. De même, nous avons pu établir que, ultérieurement, les enfants d’«Adolphe Cayouette» n’ont pas utilisé la variante Cayouette pour leur patronyme.

Cet exemple illustre les précautions à prendre avant d’intégrer des informations généalogiques dans une base de données.


[Summary :

A church record of a girl with last name Cayouette, a mystery explained.]

samedi 26 avril 2008

La picote peut également tuer un soldat

Les registres du Fort St-Frédéric pour le 2 novembre 1755 font état de l’acte de sépulture suivant :

«Sepultre Joseph Goulet

L’an mil sept cens cinquante cinq , le vingt huitième d’Octobre, par moÿ, soussigné, aumonier pour le Roÿ, au fort St Frédéric, a été inhumé avec les cérémonies ordinaires, dans le cimetière de ce fort, le corps de Joseph Goulet, officier de milice, habitant de St Augustin, mort de la picotte, muni des sacremens, agé de vingt deux ans ou environ. / En foÿ de quoÿ j’aÿ signé / fr. Didace Cliche Pte rec
.»


Commentaires :

- à cette époque, le service militaire était également risqué en raison des conditions d’hygiène et de salubrité régnant dans les unités militaires; une telle maladie contagieuse avait de grandes chances de se propager rapidement et les soins étaient rudimentaires;
- noter le jeune âge de l’officier;
- les membres de la milice provenaient de diverses paroisses au Québec.

[Summary :

The church record of an officer died from varicella.]

vendredi 25 avril 2008

Le tramway à Montréal de 1861 à 1959

Les archives photographiques de la Société de transport de Montréal ont réuni une impressionnante collection de photographies regroupées en galerie et illustrant le thème Le tramway à Montréal de 1861 à 1959.

La recherche peut être effectuée par l’un des quatre fonds ou encore par thème : Véhicules, Infrastructure, Personnages et Événements .

Le visionnement de ces photographies est encore plus intéressant lorsqu’il est fait en parallèle avec celui du parcours thématique de BAnQ sur Le tramway à Québec [voir le message publié le 20 avril 2008].


[Summary :

An online collection of photos on streetcar railway in Montréal.]

jeudi 24 avril 2008

Un cimetière clandestin à Cap St-Ignace

Dans les registres de la paroisse de Cap St-Ignace en date du 18 janvier 1749, on peut lire le texte de l’acte de sépulture suivant :

«L’an mil sept cent quarante neuf le dix huitieme jour de janvier par nous pretre soussigné missionnaire au Cap Ste Ignace ont été inhumés dans le cimetiere de cette eglise avec les ceremonies ordinaires marie genevieve bernier agée d’environ un mois et demy décedée le trente septembre dernier, fille d’Augustin bernier et de marie angélique Buteau
Anne gamache agée de cinquante cinq ans femme de jean Richard décédée le quinze octobre de l’année derniere sans etre munie des sacrements de l’Eglise
Genevieve Pelagie Pelletier agée d’environ deux mois et demy fille de Loüis pelletier habitant de l’isle aux grues décédée le quinze octobre de l’année derniere
Charles chamberland habitant de l’isle aux grues agé de deux mois fils de Jean Chamberland habitant de l’isle aux grues decédé le quinze octobre de l’année derniere
Jean Gamache agé de quarante cinq ans décédé le quinze novembre de l’année dernière sans etre muni des sacrements de l’Eglise
Joseph Carron agé d’environ un mois fils de francois Xavier Carron, mort le trois decembre dernier
Elizabeth Cloutier agée de vingt huit ans femme de francois Xavier Perron fils, décedée munies des Sacremens le treizieme jour du mois decembre dernier
Pierre oüabart age de quinze ans fils de Joseph oüabart lequel est décédé muni des Sacremens le treize de novembre
Marie Salomée Richard agee de sept mois dont on ignore le jour du décès, fille de Joseph Richard
Prisque Fournier fils d’Augustin Fournier agé de deux mois dont on ignore le jour du décès. ont assisté a ces inhumations Me Hiché Procureur du Roy pour la nouvelle france, Me Louet greffier de l’amirauté de Québec, Me Vincelotte Duhautmeny, Lesquels ont signé avec nous ainsi signé à la minute.

Hiché; Louet; Vincelotte duhautmeny

J.F. Curot ptre
».

Le texte de l’annotation suivante figure en marge de cet acte :

«Depuis le présent extrait jusqu’au dixieme inclusivement commancant à compter par celui-ci j’ai oublie de specifier sur chaque extrait mortuaire que le dit corps avait été auparavant inhumé sans les cérémonies ecclésiastiques par quelques habitants dans un cimetière interdit situe proche un espace de presbytere que les Gamaches ont bati sur leur fief de la vient que l’on trouve sur ces registres ces inhumations faites longtemps après le deces des personnes
J.F. Curot pretre
».

Dans le volume de Pierre-Georges Roy. Inventaire des ordonnances des intendants de la Nouvelle-France conservées aux archives provinciales de Québec (Beauceville, L’Éclaireur, 1919, Volume 3, p. 118), on peut lire le texte de l’ordonnance suivante :

«Ordonnance qui porte sur les onze personnes qui ont été inhumées sans aucune cérémonies religieuses dans l’ancien cimetière du fief Gamache seront exhumées et transportées au presbytère de Cap Saint-Ignace pour y recevoir les prières ordinaires de l’Église et ensuite être inhumées dans le cimetière du Cap Saint-Ignace; Augustin Bernier, Pierre Fortin, Philippe Fortin, François Guimond père, Jean Richard, François Lemieux, François Gamache, Thomas Cahouët, Pierre Richard père, Pierre Gamache, Claude Cahouët, Louis Lemieux, Joseph Guimond, Joseph Gerbert, Desprès Guy, Louis Gagné père, Vital Gagné fils, François Caron fils, Joseph Ouabart, Joseph Langlois, Joseph Richard, Augustin Fournier, Louis Dion et Jean Chamberland, qui ont contribué ou assisté aux dits enterrements clandestins, condamnés à des amendes variant de trois cent livres à dix livres; défenses aux habitants du Cap Saint-Ignace et de l’Île aux Grues de faire à l’avenir aucun enterrement dans le cimetière du fief Gamache à peine contre les contrevenants de peines corporelles.»

Commentaires :

- cette une affaire a été considérée comme très sérieuse par les autorités judiciaires qui s’est traduite notamment par l’importance du montant des amendes, la sévérité des châtiments en cas de récidive et, enfin, la présence à l’inhumation des principaux officiers responsables du temps;
- cette affaire qui a du faire jaser et diviser les gens de cette paroisse;
- une recherche dans les archives judiciaires permettrait peut-être de documenter davantage cette situation insolite.
Nos remerciements à Rénald Lessard pour avoir porté à notre attention le texte de cette ordonnance.

[Summary :

A new common inhumation for eleven persons buried in a clandestine cemetery in Cap St-Ignace, Québec.]